Pour « La lettre perdue »/ Stock

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lettre perdue © Radio France

Parfois, la langue française que l’on croit si riche, si subtile, n’offre pas les mots appropriés. Dites désillusion, et, immédiatement, vous pensez repli sur soi, à quoi bon, rien ne sert de rien. Or, lorsque l’abbé Pierre parlait de désillusion en 1989, c’était plutôt pour nous encourager à sortir de l’illusoire pour entrer dans l’action. Car aucun engagement sérieux pour changer les choses, pour faire reculer l’injustice, pour améliorer la société, ne peut se construire sans désillusion préalable. Il faut savoir de quoi les hommes sont capables, ce que la richesse et le pouvoir peuvent produire d’indifférence et d’égoîsme, ce que le libéralisme signifie en termes d’exclusion, pour pouvoir planifier une action utile en tenant compte des réalités.

Ce n’est sans doute pas un hasard, donc, si le protestant Martin Hirsch s’est retrouvé si longtemps engagé dans Emmaüs aux côtés de ce curé-là. Normalien, énarque, fils de la bourgeoisie, il aurait pu, comme tant d’autres de ses semblables, se satisfaire de faire carrière. Entré au Conseil d’Etat, passé par des cabinets ministériels, la chose était aisée. Mais Martin Hirsch a été bien élevé par un père et un grand père ayant le service de l’Etat et de la collectivité chevillé au corps, et pas du tout conciliants avec les illusions du pouvoir et la suffisance qui va avec. Le jour de sa réussite au concours de l’ENA, le fils a reçu de son père une lettre de félicitations sous forme de mise en garde : faire quelque chose de sa vie plutôt que devenir quelqu’un. Cette lettre qui ne le quittait pas, un jour, il ne l’a plus retrouvée. Un livre en est né « la lettre perdue » paru chez Stock.

Le reportage de Vinciane Haudebourg :

Rencontre à Vitré avec deux jeunes filles qui ont décidé de faire un service civique : Claire qui essaie de dynamiser la vie d’un petit village à partir d’une bibliothèque et Vinciane qui aide les jeunes à trouver des logements. Elles se sont tournées vers la communauté de communes de Vitré pour trouver leur mission. Toutes les deux envisagent ce service comme un engagement pour la communauté tout en étant certaines que ces 8 mois civiques les aideront dans leur projets professionnels.

Le service civique est entré en vigueur en mai 2010, mis en place par M Hirsch, président de l’agence du service civique. Les organismes et institutions qui accueillent ces services sont les associations ou les collectivités territoriales. Les missions sont accessibles à tous les jeunes de 16 à 25 ans (en étude, diplômés ou non) , pour 26 heures d’engagement minimum par semaine, rémunérées 500 euros/mois. Elles durent de 6 à 12 mois.

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