à l'occasion de la parution de son livre Pô, le roman d'un fleuve publié chez Hoëbeke

- traduit de l’italien par Béatrice Vierne -

Paolo Rumiz
Paolo Rumiz © Hoebeke / Paolo Rumiz

A 9h du matin, le 20 juin 2012, jour du solstice d’été, à Staffarda, au pied du mont Viso, dans le Piémont, certains prétendent avoir vu le journaliste-écrivain voyageur Paolo Rumiz , avec cinq autres compagnons d’aventure, embarquer à bord de trois canoës ressemblant étonnamment à ceux des indiens d’Amérique.

Mais, un autre jour, du côté de Casale, en aval, quelques autochtones jureront avoir aperçu, eux aussi, six navigateurs se propulser sur le Pô à bord d’une barque à fond plat à l’aide de perches, un peu comme le feraient des gondoliers vénitiens.

Et, plus étrange encore, des semaines plus tard, des pêcheurs de vongole affirmeront qu’un drôle de petit bateau de bois, ventru, au mât inclinable, qui se dirigeait vers Venise et l’Adriatique, avec trois personnes à bord, se serait ensablé sur un haut fond dans le delta.

Il est vrai que le fleuve Pô, 652 kms de méandres et autant de légendes, raconte beaucoup d’histoires surprenantes à qui sait faire silence pour les entendre.

En italien le titre est Morimondo, qui fait songer à un monde en train de disparaître, à un nom étrange donné à une barque, ou alors à la silhouette obsédante d’une femme en noir sans cesse croisée sur le chemin de la vie.

En français ce livre, qu’il vous faut lire absolument, s’intitulePô, le roman d’un fleuve , traduit par Béatrice Vierne et paru il y a peu aux éditions Hoëbeke.

C’est le récit réél, rêvé, chanté, déclamé, murmuré, dessiné, d’une descente du grand fleuve qui traverse la Padanie, des Alpes aux Appenins en prenant son temps, en charriant la grande histoire et les scories de nos vies mutilées par l’incurie des décideurs et l’avidité de l’industrie. Fleuve abîmé, dévasté, et soudain renaissant, sauvage et sublime.

Paolo Rumiz sait merveilleusement raconter, se souvenir, mêler la littérature et l’histoire, les portraits et le récit picaresque. Son livre est un délice et une leçon de sagesse.

Paolo Rumiz est, ce soir, l’invité de l’Humeur Vagabonde.

Le reportage de Vinciane Laumonier

Le Gange - Alain Buu
Le Gange - Alain Buu © Alain Buu / Alain Buu

Le Gange, fleuve sacré, fleuve pollué.

Pendant 3 mois, Alain Buu , photographe à l’agence Gamma et maintenant indépendant, a suivi le cours du Gange.

Il a photographié ses eaux sacrées, vénérées par les hindous, mais aussi ses eaux souillées, les plus polluées au monde, véritable égout à ciel ouvert.

C’est cette dualité qu’il a cherché à capter dans le roulement du fleuve de la chaine de l’Himalaya jusqu’au Golfe du Bengale.

Un reportage photographique qui a eu le prix Agence Française de Développement / Polka et qu’il a exposé au festival Étonnants Voyageurs le week-end dernier ..

site d'Alain Buu http://www.alainbuu.com/

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