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_La femme qui tremble_ (Actes Sud - Traduit par Christine Le Bœuf). Dans son si célèbre « Je me souviens » George Perec ne se livrait pas à cet exercice futile que tous les magazines people et les écrivains en mal d’inspiration reproduisent depuis à l’envi. Il ne s’agissait pas seulement de nous faire part de ces mille petits rien qui rythment, depuis l’enfance, le passage du temps, mais bien de creuser plus profond pour faire apparaître ce que l’on a oublié, ce qui nous fait proches les uns des autres, ce qui remue encore en nous d’émotion intime et explique l’adulte d’aujourd’hui. Et dans ses souvenirs de petit parisien déraciné, l’Amérique aussi, celle du cinéma, de la musique, du rêve, avant celle des livres. Américaine du Minnesota, new yorkaise par choix, mais aussi européenne par ses racines norvégiennes et sa culture, Siri Hustvedt explore, depuis ses tout premiers livres, ce secret qui nous constitue, nous meut, nous fait agir sans comprendre. Passionnée de psychanalyse et de neuroscience, elle a choisi de donner des cours hebdomadaires d’écriture aux patients d’une clinique psychiatrique, car, dit-elle, l’écriture peut aider à reprendre le contrôle. Son dernier livre raconte l’enquête qu’elle a menée sur elle-même depuis ce jour de 2005 où, alors qu’elle prononçait un discours en mémoire de son père à l’université où il avait enseigné, elle fut saisi de tremblements violents, identiques à ceux d’un épileptique, alors que sa parole et son cerveau continuaient à fonctionner. Des crises sans raison médicale qui devaient revenir, depuis, à des moments imprévisibles. «La femme qui tremble », une histoire de mes nerfs, traduit par Christine Le Bœuf, vient de paraître chez Actes Sud. Et Siri Hustvedt est, ce soir, l’invitée de l’humeur Vagabonde. Ses propos seront interprétés par l’ami Xavier Combe. ### **reportage** Judith Soussan : Ce qui échappe, ce qui défaille, ce qui vacille, ces expériences de la fragilité sont ce qui fait notre condition humaine. Avec Anne, jeune femme sensible et brillante, nous avons discuté, autour d'un chocolat chaud, de ce vacillement, de ces turbulences. Nous avons parlé de ces moments où l’on se sent ne plus s’appartenir ; et puis, elle m’a parlé de cette traversée bouleversante, dans tous les sens du terme, que représente pour elle la maladie de sa sœur, Vanessa, survenue il y a quelques années. Anne, un « portrait sensible », et en pointillés. Avec des citations extraites de poèmes d'Henri Michaux, lues par Alexandre Leitao
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