pour son roman Le coeur par effraction - traduit par David Fauquemberg- auxéditions Métailié

James Meek-Le coeur par effraction
James Meek-Le coeur par effraction © Radio France

Tout en haut de la plus haute tour de Londres, quelques jours avant Noël, tout le gratin scientifique de Grande Bretagne se réunit pour fêter le départ à la retraite de l’un d’entre eux, Harry, qui a dirigé brillamment l’Institut de Recherches Avancées sur le cancer dans lequel Alex, son neveu, marche sur ses traces. Ils sont seuls à savoir qu’en réalité Harry est en phase terminale de sa maladie, en dépit du traitement expérimental qu’il a convaincu Alex d’essayer sur lui.

Ce soir-là Alex va se décider à draguer Bec, une épidémiologiste, de retour d’Afrique, où elle a installé son labo, et à laquelle les media s’intéressent. Elle a en effet décidé de s’injecter une dangereuse bactérie pour tenter de démontrer qu’en dépit d’un risque de cécité, elle immunise contre le paludisme. Leur histoire d’amour naissante va mettre dans une colère folle son ex fiancé, Val, qui vient justement de créer sur Internet une Fondation pour la Morale dont le but est de révéler les turpitudes des gens connus. Et le point faible de Bec s’appelle Ritchie, son frère chéri et son confident, qui trompe sa femme avec une mineure…

Ancien grand reporter au Guardian, critique à Granta et la London Review of books , l’écossais James Meek vient de publier en France, aux éditions Métailié, sous le titreLe cœur par effraction , son troisième roman traduit par David Fauquemberg. Résumé ainsi, Le cœur par effraction ressemble à une histoire très contemporaine d’amour contrarié sur fond de trahisons familiales et d’interférences médiatiques. Mais James Meek s’en sert, comme dans ses deux précédents livres, pour se livrer à une réflexion diabolique sur le bien et le mal, la vérité et le mensonge, l’héroïsme et la vanité dans un monde déchiré entre l’absence de Dieu et le trop plein de religions. « Thriller moral » a écrit la critique britannique, ce qui n’est pas une mauvaise définition pour ce roman terriblement intelligent et dérangeant. La rencontre a eu lieu au début de l’été, sous les auspices linguistiques de Michel Zlotovski .

James Meek est donc, ce soir, l’invité del’Humeur Vagabonde.

Le reportage de Cerise Marechaud

Dans la vie de certains hommes, ce n’est pas le cœur qui est entré par effraction, mais un enfant, non désiré, ou désiré seulement par la femme avec qui il a été conçu.

Nous rencontrons Gilles, trentenaire, en apparence confiant et accompli, mais dont l’assurance est ébréchée par un mal-être, par une paternité imposée, un « enfant dans le dos », comme le dit peu gracieusement l’expression populaire.

Lui et de nombreux autres hommes se sentent doublement « pris au piège » : d’abord par une femme, en qui ils avaient confiance, puis par la justice, qui peut les obliger à reconnaître une paternité, test ADN faisant foi.

Parce qu’elle tranche, la vérité génétique est plus confortable que la complexité du lien affectif et symbolique entre un père et son enfant.

En France, le nombre de tests génétiques encadrés par la loi est stable. Mais celui des kits ADN informels commandés sur Internet à des laboratoires étrangers s’envole.

Mary Plard-Paternités imposées
Mary Plard-Paternités imposées © Radio France

Les rangs des « pères malgré eux » grossissent. Leurs témoignages sont à découvrir dans le livre de l’avocate Mary Plard : Paternités imposées, un sujet tabou , aux éditions Les liens qui libèrent (2013).

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