pour son film documentaire Le Bois dont les Rêves sont faits.

Affiche du film "Le bois dont les rêves sont faits"
Affiche du film "Le bois dont les rêves sont faits" © Sophie Dulac Distribution / Claire Simon

Le 3 juin 1980, dans les locaux délabrés de la Faculté de Vincennes, Gilles Deleuze donne son dernier cours à propos de l’Anti-Œdipe.

Comme chaque mardi matin, depuis l’ouverture, en janvier 1969, de cette université d’un genre nouveau, les étudiants s’étaient assemblés pour écouter, non un cours magistral, mais un philosophe penser à haute voix.

Durant l’été, ces bâtiments en préfabriqué, montés à la hâte après Mai 68, vont être rasés et les étudiants relocalisés à Saint Denis.

C’est le point final d’une utopie portée par des philosophes engagés, comme Foucault, Lyotard, Chatelet et Deleuze, celle d’ouvrir le savoir à tous, sans examen ni contrôle.

Aujourd’hui, les herbes folles et les arbres ont poussé, effaçant les traces de ce qui s’y était joué durant dix ans.

Et plus personne, parmi les promeneurs qui sillonnent le Bois de Vincennes, ne semble savoir qu’il y eut là une expérience de transmission du savoir unique en son genre.

Mais il ne suffit pas de démolir des bâtiments pour effacer les utopies. Comme les personnages de Charlotte Brontë ou de Virginia Woolf évoqués par Gilles Deleuze, mettre en mouvement une pensée fait advenir l’évènement.

La réalisatrice Claire Simon cultive avec bonheur ce talent rare qui consiste à transformer le réel, le quotidien, le supposé banal, en aventure, en évènement, en utopie.

Après son formidable film consacré à la Gare du Nord , en 2013, elle nous propose aujourd’hui une année de rencontres dans le Bois de Vincennes où elle a filmé, au fil des saisons, des personnages, attachants, parfois étranges, touchants, mystérieux, avec qui elle a eu de vraies conversations.

Dans cette nature sauvage, reconstituée aux portes de la grande ville, des mondes clos se frôlent, familles, sportifs, poètes, déclassés, voyeurs, prostituées et clients, fêtards, scientifiques, pêcheurs, campeurs.

Le Bois dont nos Rêves sont faits sera en salle mercredi 13 avril et Claire Simon est, ce soir, l’invitée de l’Humeur Vagabonde.

P résentation du film en la présence de la réalisatrice : - le 15 avril : GRENOBLE LE MÉLIES - le 17 avril après-midi : PAU - le 18 avril soir : TOULOUSE ABC - le 21 avril : VALENCE Navires -Dimanche 24 avril fin d’après-midi : IVRY LUXY -Mardi 19 avril soir : ROUEN OMNIA -Mercredi 20 avril : AIX LES BAINS + CRAN GEVRIER -Lundi 25 avril soir : LA ROCHELLE La COURSIVE -Jeudi 28 avril soir : CHATEAUROUX APOLLO

Le reportage de Clément Baudet

Kim Pasche aurait pu faire partie de la collection de personnages rencontrés par Claire Simon au Bois de Boulogne... Mais ce jeune suisse de trente ans, amoureux de nature sauvage a choisi les grands espaces du Yukon, à l'extrême Nord du Canada où il vit plusieurs mois par an en totale autarcie dans les bois.

Là-bas, il réapprend à vivre selon un mode de vie de chasseur-cueilleur, en adéquation avec l'environnement.

Une expérience extrême et poétique pour tenter de redevenir sauvage en se laissant transformer par la vie dans la nature. Chaque année, Kim Pasche revient en Europe dispenser des ateliers de techniques de vie en milieu sauvage.

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