Les œuvres de ce peintre singulier soulèvent en nous une émotion pure. Le grand maître de la peinture danoise Vilhelm Hammershøi est à l'honneur au musée Jacquemart-André.

"Cinq Portraits", peint par Vilhelm Hammershøi en 1901-1902. Stockholm, Thielska Galleriet. Photo credit : Tord Lund
"Cinq Portraits", peint par Vilhelm Hammershøi en 1901-1902. Stockholm, Thielska Galleriet. Photo credit : Tord Lund

Peu d’historiens de l’art nous permettent de percevoir intimement, mais précisément, cette émotion difficilement communicable qui nous saisit parfois devant une œuvre d’art. Daniel Arasse savait admirablement poser des mots, comme des caresses, sur ce saisissement qui nous fige devant un tableau dans lequel, dès le premier regard, nous avons l’impression de nous engloutir. Comme si, en effet, l’œuvre nous appelait. 

Arasse a su, ainsi, approcher le mystère Vermeer, ce silence habité qui nous parle sans mots. C’est d’ailleurs  à lui que l’on pense devant certaines toiles du peintre danois Vilhelm Hammershøi qui, à la fin du XIXe siècle, à l’écart des bouleversements de la peinture de son temps, a peint obstinément, silencieusement, des intérieurs immobiles et mystérieux, gris, blancs et noirs.

Il y avait bien eu une exposition à Orsay en 1997, mais Hammershøi demeure toujours à l’écart des grands engouements artistiques, comme si le peu de traces laissées par l’artiste, muet sur sa vie et ses motivations artistiques, bridait quelque peu la renommée éclatante que son talent mérite. L’exposition que nous offre le Musée Jacquemart-André jusqu’au 22 juillet devrait déciller le regard d’un plus large public. 

Elle réunit quarante œuvres du maître scandinave, confrontées pour la première fois à des tableaux de peintres qui lui ont été proches et qui ont travaillé sur les mêmes thèmes. Ce qui nous permet de saisir immédiatement ce qui l’en distingue, son génie singulier, qui soulève en nous une émotion pure. 

Jean-Loup Champion, co-commissaire de l'exposition est l'invité de Kathleen Evin.

Et aussi

La présentation de l'exposition Hammershoi au musée Jacquemart André à Paris en vidéo :

L'exposition (dont France Inter est partenaire) est à voir jusqu'au 22 juillet 2019.

"Hvile" dite aussi "Le Repos"  de Vilhelm Hammershøi.  Copyright RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) /René -Gabriel  Ojéda
"Hvile" dite aussi "Le Repos" de Vilhelm Hammershøi. Copyright RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) /René -Gabriel Ojéda

Les archives de l'INA

Daniel Arasse: Qu’est ce qui fascine dans un tableau : le sentiment qu’il y a là, quelque chose qui pense, sans mot. Histoires de peintures  28/07/003  France Culture 

Daniel Arasse : Vermeer , "peintre du dedans du dedans". Histoire de peinture 15 /08/ 2003 

Philippe Delerm : Des femmes sensuelles, mystérieuses et mélancoliques Clin d'œil  17/03/2001

Lecture d'une interview d' Hammershøi : "Ce qui m’incite à choisir  un motif, ce sont les lignes" L'art et la matière -Jean de Loisy 10/03/2019

Vincent Bioules, devant  les intérieurs d’Hammershøi : Les portes s’ouvrent sur des mondes fermés. Peinture fraîche 1998, Jean Daive 

La programmation musicale

Angelique Kidjo : Summertime 

Les invités
  • Jean-Loup ChampionCo-Commissaire de l'exposition "Hammershoi, le maitre de la peinture danoise" au Musée Jacquemart- André du 14 mars au 22 juillet 2019
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