pour son livre Bain de Lune paru chez Sabine Wespieser - prix Femina 2014

Yanick Lahens - Bain de lune - prix Femina 2014
Yanick Lahens - Bain de lune - prix Femina 2014 © Sabine Wespieser / Yanick Lahens

Des voix dans la nuit, celles des vivants si intimement mêlées à celles des morts que rien ne les distingue pour des oreilles non averties. Des femmes, ensemble, sans les hommes, pour raconter les histoires millénaires, rire des choses d’aujourd’hui, et convoquer les esprits protecteurs pour affronter la misère, la violence et la mort qui aboient à leur porte.

Haïti est, plus que les autres îles de la Caraïbes, hantées, toutes, par la mémoire sauvage de l’esclavage, celle qui est demeurée la plus proche des jours anciens, ceux du monde laissé de l’autre côté de l’eau.

Et ce sont ces voix, chuchotées, grondantes, impossibles à faire taire, qui font le lien, depuis des siècles, avec ses rituels et ses dieux. La religion chrétienne, l’Occident, leurs préceptes et leur morale n’y peuvent rien.

Même le déchaînement de la nature et la sauvagerie du pouvoir ne sont jamais venus à bout de l’obstination lente, méfiante, irréductible de ce peuple habité par des voix.

Bain de Lune , le dernier et magnifique roman deYanick Lahens , qui a reçu leprix Femina la semaine dernière, est paru, comme les précédents, chez Sabine Wespieser.

L’auteur raconte Haïti toute entière à travers l’histoire d’une famille de pêcheurs et de paysans, installée à Anse Bleue, loin de Port au Prince, mais pas suffisamment pour être épargnée par les aléas politiques de l’île.

A travers la voix d’une jeune fille, morte assassinée, dernière du clan des Lafleur, ce sont trois générations d’hommes et de femmes que l’on voit traverser le siècle, se battre pour leur survie, épouser ou subir les vagues de violence générées par les clans au pouvoir, sans jamais renoncer à leur identité profonde, aux liens familiaux et au désir des femmes de trouver l’amour.

Dans une langue d’une poésie, d’une beauté et d’une force magistrales, Yanick Lahens a écrit là son grand roman, celui qui se dessinait livre après livre depuis vingt ans.

Yanick Lahens est, ce soir, l’invitée de l’Humeur Vagabonde .

http://www.swediteur.com/

Tournée chez les libraires

Mercredi 12 novembre 2014 YANICK LAHENS À LA LIBRAIRIE LUCIOLES (VIENNE) 18 h 00Signature et rencontre Librairie Lucioles13-15 place du Palais38200 VienneTél. 04 74 85 53 08

Vendredi 21 novembre 2014 YANICK LAHENS À LA LIBRAIRIE LE CYPRÈS - GENS DE LA LUNE 18 h 00Rencontre-signature Librairie Le Cyprès - Gens de la lune17 rue du Pont Cizeau58000 NeversTél. 03 86 57 53 36

Samedi 22 novembre 2014 YANICK LAHENS À LA LIBRAIRIE LES OISEAUX RARES (PARIS XIIIe) 19 h 30Rencontre-signature Librairie Les Oiseaux rares1 rue Vulpian75013 ParisTél. 01 45 35 38 45

Le reportage de Gladys Marivat

Affiche exposition "Haïti" au Grand Palais
Affiche exposition "Haïti" au Grand Palais © Radio France / Radio France

L art serait-il la potion magique d’Haïti ? La richesse dans laquelle les Haïtiens puiseraient leur exceptionnelle opposition à la mort ?

C’est en tout cas le parti pris de la romancière guadeloupéenne Maryse Condé qui signe un des essais du catalogue de l’ExpositionHaïti __ qui s’ouvre la semaine prochaine au Grand Palais à Paris.

Deux siècles de création artistique réunis dans une seule pièce ?

L’exploit valait le détour. À une semaine de l’ouverture, c’est encore le chantier.

J’ai trouvé mon guide, le plasticien haïtien installé à Miami, Edouard Duval-Carrié . Il m’attendait devant le Grand Palais, porte H comme Haïti.

Et les œuvres d’Edouard Duval-Carrié, de Jean-Ulrick Désert, d’André Eugène et de 53 autres artistes sont à découvrir au Grand Palais du 19 novembre au 15 février prochain.

Les références
L'équipe
Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.