pour son livre Les Arabes dansent aussi paru aux éditions de l'Olivier, ainsi que Et il y eût un matin et La deuxième personne

Sayed Kashua-Les Arabes dansent aussi
Sayed Kashua-Les Arabes dansent aussi © Editions de l'Olivier / Sayed Kashua

Sayed Kashua est à la fois palestinien et israélien, un oxymore dont il ne cesse de décrire les conséquences avec un humour féroce, livre après livre, et dansTravail d’arabe , une série télévisée qui a rassemblé, pendant quatre ans, juifs et arabes, pour une fois réunis par le rire.

Né à Tira, en 1975, dans un village de Galilée, bon élève, il est admis, à 15 ans, dans une école hébraïque de Jérusalem.

Dans son premier livre, un roman autobiographique intitulé Les Arabes dansent aussi , qui vient d’être réédité aux éditions de L’Olivier, Kashua raconte sa découverte de la littérature et d’une vie libérée du poids des interdits, ainsi que son premier amour, une jeune fille juive qui lui expliquera que leur relation est sans avenir.

C’est en hébreu que Sayed Kashua est tombé amoureux pour la première fois et qu’il est devenu un écrivain et un journaliste dont les chroniques hebdomadaires dans le quotidien Haaretz ont un grand retentissement.

Dans ses deux autres livres, Et il y eut un matin etLa deuxième personne , tous traduits par Jean-Luc Allouche et parus également à L’Olivier, Sayed Kashua raconte, avec la même ironie ravageuse, la discrimination dont sont victimes les Arabes israéliens, le mépris de ceux-ci envers leurs frères Palestiniens, et le fossé au sein des familles arabes entre ceux qui ont choisi de vivre à Jérusalem, à l’israélienne, et ceux qui végètent dans des villages surpeuplés, sans travail et soumis aux traditions étouffantes.

Mais il arrive un jour, où l’humour ne suffit plus pour affronter une situation chaque jour plus terrifiante.

En juillet 2014, des colons juifs immolent par le feu un jeune garçon palestinien qui se rendait à l’école.

Sayed Kashua décide de mettre à l’abri sa femme et ses trois enfants et de s’installer à Champaign, dans l’Illinois, où l’université lui offre un poste de professeur.

Depuis, il tente de se reconstruire, d’écrire, de souffler un peu. Il envoie chaque semaine sa chronique à Haaretz et apprend l’hébreu à des étudiants juifs qui, dit-il amèrement, ont plus de droits que moi à vivre en Israël.

De passage à Paris il y a quelques jours, Sayed Kashua s’est arrêté dans le studio de l’Humeur Vagabonde. Michel Zlotowski sera notre interprète.__

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