Pour son roman Le corps humain aux éditions du Seuil

Le corps humain
Le corps humain © Radio France

Pour l’armée c’est le corps qui compte, souple, fort, discipliné, endurci et résistant. C’est pour lui et de lui que l’esprit du soldat tire sa justification. Car il ne doit penser qu’en fonction de lui. S’il s’autorisait à peser le pour et le contre des ordres, évaluer l’intérêt des missions, ou se laisser envahir par tous les soucis, les attachements, les responsabilités laissés derrière lui au pays, l’esprit du soldat deviendrait l’ennemi de son corps. C’est pour cela qu’une troupe devient, surtout en opération, un seul et même corps, un seul et même esprit, une seule et même famille, bien plus rassurante et confortable que la vraie, généralement dévorante et culpabilisante.

Le corps humain , traduit par Nathalie Bauer, tout juste paru aux éditions du Seuil, est le deuxième roman de Paolo Giordano , jeune prodige des lettres italiennes qui a vendu plus d’un million d’exemplaires de La solitude des nombres premiers, couronné par le Prix Strega , et qui est paru en France en 2009. On y suit le séjour en Afghanistan d’un peloton de chasseurs alpins, enfermés pendant des mois dans une base délabrée au milieu d’une zone faussement présentée comme pacifiée. Une poignée de gamins qui s’ennuient, dépriment, fanfaronnent, se bagarrent, fantasment, sous le regard désenchanté d’un médecin militaire qui pressent la catastrophe et ne peut l’empêcher. Livre amer et plein de tendresse pour ces jeunes hommes qui tentent juste de faire de leur mieux.

Paolo Giordano est, ce soir, l’invité del’Humeur Vagabonde

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Le reportage de Léa Minod

Dans LeCorps humain de Paolo Giordano, les descriptions physiques et physiologiques sont omniprésentes, faisant de l’armée pendant la guerre le lieu de convergence de tous les corps, de tous les maux, de toutes les frustrations.

Mais que reste-t-il de ces corps, une fois la guerre achevée ?

Léa Minod s’est rendue à Biarritz où se tenait un stage de rééducation psychique et physique organisé pour 14 soldats blessés. Des soldats blessés qui redécouvrent leur corps, ayant toujours à l’esprit l’envie de repartir sur le terrain.

En contrepoint Arthur, lui, a déserté l’armée. Il lit des textes qu’il a écrits pendant ses semaines d’enfermement au trou. Son corps n’a pas lâché, mais son esprit oui.

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