Assis dans un train qui longe les rives paisibles de l’Hudson, flamboyantes des couleurs de l’automne américain, Ignacio Abel ne se reconnaît plus dans les regards apitoyés qu’il croise. Il n’a qu’un seul costume, sali et fripé, qu’il porte depuis son départ précipité de Madrid, il y a des semaines, alors que les armées franquistes commençaient à bombarder les faubourgs de la capitale en proie à une violence incontrôlée entre milices et partis concurrents. Tandis que la république espagnole se meurt dans des convulsions sanglantes, Ignacio Abel fuit un pays qui l’épouvante dans lequel, lui, le socialiste, architecte croyant au progrès, sait qu’il n’a plus sa place.

Dans la grande nuit des temps
Dans la grande nuit des temps © Seuil

Antonio Munoz Molina publie au Seuil un seizième roman, « Dans la grande nuit des temps » magistralement traduit par Philippe Bataillon. Dans le court laps de temps qui le conduit vers Burton College et sa nouvelle vie de professeur exilé, Ignacio Abel va se remémorer dans les moindres détails son ascension vers les sommets, lui qui était fils d’un maçon et d’une concierge, devenu architecte de la nouvelle république espagnole, ayant épousé une fille de la bourgeoisie catholique auprès de qui il regardait passer son existence, comme étranger à lui-même. La guerre civile et sa passion dévorante pour une jeune américaine , vont le forcer à ouvrir les yeux sur ses erreurs personnelles et ses illusions politiques. En près de mille pages somptueuses, pleines de bruit et de fureur, mais aussi des beautés déchirantes d’une Espagne entrant dans la nuit de la dictature, Antonio Munoz Molina signe ici un vrai chef d’œuvre.

Interprète : Claudine Rimattei

Le reportage de Caroline Gillet :

Le Bangladesh serait le pays où l'on trouve le plus de photojournalistes. Si c’est vrai, c’est en grande partie grâce à Shahidul Alam qui a lancé là-bas une école pour former les jeunes à la photographie. Pour que le Bangladesh se regarde dans les yeux, pour qu'on arrête de le regarder de loin, d'en haut. Pour ne pas laisser aux ONG le monopole de l’image. Rencontre avec Wahid Adnan, un jeune photojournaliste bangladais et avec son professeur, Shahidul Alam.

Voir les photos de Wahid Adnan - et sa série "Dhaka 9 to 5" >

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