Aux côtés de son mari Henri Cartier-Bresson, Martine Franck a su tracer sa route unique dans un milieu réputé machiste. La rétrospective de son oeuvre est à voir dans les nouveaux locaux de la Fondation Henri Cartier- Bresson, à Paris, jusqu’au 10 février 2019

"Plage, village de Puri, Inde, 1980"
"Plage, village de Puri, Inde, 1980" © Martine Franck / Magnum Photos

Pourquoi faut-il souvent préférer la radio à la télévision ? Parce que la voix, elle, ne ment pas. 

Sur un écran celui ou celle qui parle, célèbre ou inconnu, inconsciemment, va jouer. Jouer son propre rôle, celui que la caméra l’oblige à tenir. Jouer celui, ou celle, qu’il ou elle aimerait être, ou se figure être. 

À la radio – du moins quand il n’y a pas de captation vidéo, cette nouvelle mode insupportable - l’intimité du  questionnement permet lenteur, réflexion, sincérité. Et puis, surtout, l’oreille de l’auditeur va percevoir immédiatement si celui ou celle qui s’exprime répond « pour de vrai » aux questions, en même temps que les nuances de son véritable moi : modeste ou vaniteux, superficiel ou réfléchi, élégant ou vulgaire. 

Ainsi, la voix de la photographe Martine Franck nous dit en quelques secondes ce qu’elle était : élégante, modeste, réfléchie, humaine, engagée. 

Reste à regarder son œuvre, cet héritage en noir et blanc, qu’elle a toujours préféré à la couleur, et qui nous en dit aussi beaucoup sur la grande photo reporter qu’elle a été. Incroyablement douée, empathique, plutôt tournée vers la vie que vers les horreurs de son temps, le nôtre. 

Il faut aller voir la belle rétrospective que lui consacre jusqu’au 10 février la Fondation Cartier-Bresson, qu’elle a contribué à créer, et qui inaugure ainsi ses nouveaux locaux au 79 rue des Archives. Agnès Sire, sa directrice artistique, a dirigé l’édition du catalogue édité chez Xavier Barral. (la Fondation Henri Cartier- Bresson a déménagé en 2018  au 79 rue des Archives 75003 Paris) 

Exposition Peintres de l’imaginaire, Symbolistes et surréalistes belges, peinture de Paul Delvaux, Grand Palais, Paris, avril 1972
Exposition Peintres de l’imaginaire, Symbolistes et surréalistes belges, peinture de Paul Delvaux, Grand Palais, Paris, avril 1972 / Martine Franck / Magnum Photos.
Piscine conçue par Alain Capeillères, Le Brusc, été 1976
Piscine conçue par Alain Capeillères, Le Brusc, été 1976 / Martine Franck / Magnum Photos

Les archives  de l'Ina

Son regard sur les gens, son attirance pour les créateurs… Photo-portrait 09/07/1994 - France Culture

La générosité d'Henri Cartier-Bresson, son mari,  qui l'a toujours encouragée dans son travail de photographe Hors Champs   29/11/2011 -France Culture 

"Je me sens comme témoin de mon temps, photographier c’est peut être ma façon de me situer par rapport au monde qui m’entoure…. laisser des traces" ... "Ma mauvaise conscience me pousse à  évoquer ceux qui souffrent" - For Intérieur 29/10/1998 -France Culture 

"Une bonne photo doit transmettre des émotions, sinon on tombe dans l’esthétisme" Photo-portrait 09/07/1994

"Je préfère le noir et blanc , surtout pour le portrait, la couleur, c’est trop réaliste, alors que  le coté abstrait du noir et blanc laisse l'imagination libre" - Photo-portrait 09/07/1994

"Mes affinités avec les enfants réincarnés qui rentrent au monastère très jeunes" (Les tulkas) ... "La photo très célèbre du pigeon qui  se pose  sur la tête du moine dans un monastère népalais en 1966" - For Intérieur 29/10/1998 

"Il fait une certaine lenteur en photographie" Peinture fraîche 28/10/1998 France Culture 

La programmation musicale 

Bob Dylan : Lay Lady Lay

L'Humeur  Vagabonde vous conseille 

« Mais qui va garder les enfants ? » Aussi sexiste soit-elle, la question mérite, hélas, qu'on la prenne au sérieux. Le partage des tâches familiales reste encore le plus fin révélateur des obstacles à l'égalité entre les sexes.
Ce petit livre témoigne de la longue marche des femmes à la conquête de leur autonomie. À parcourir la succession de ces textes juridiques en France, on est partagé entre la colère et le fou rire. Beaucoup moins humaines que les hommes, en 1789, les femmes ne naissent ni libres, ni égales. Et pour qu'elles ne le deviennent pas, durant plus d'un siècle, le Droit ne leur donne pas de droits, il les en prive.
Aujourd'hui, les femmes les ont à peu près tous conquis. Mais ces droits sont si récents que leur ancrage dans les mœurs reste imparfait, voire réversible. Aux jeunes générations de s'en souvenir...

Tory Island, Comté de Donegal, Irlande, 1995
Tory Island, Comté de Donegal, Irlande, 1995 © Getty / Martine Franck / Magnum Photos
Les invités
  • Agnès SireDirectrice de la fondation Henri Cartier-Bresson
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