Hubert Henrotte, qui fut l’un des fondateurs de l’agence Gamma en1967, afait travailler les meilleurs photojournalistes de ces années-là. Et, parmi les reporters dont les noms sont dorénavant connus dans le monde entier, Gilles Caron est, lui, devenu un mythe. Hyper doué et hyper productif, Caron a laissé, en cinq années de travail sur tous les fronts, près de 100 000 photos, parmi lesquelles d’inoubliables images du Viet Nam, de l’Irlande du Nord, du Biafra, mais aussi celle de Cohn Bendit en mai 68 devant un CRS, ou de De Gaulle pique niquant avec les Caucescu. Gilles Caron avait tout juste 30 ans lorsqu’il disparu, en Avril 1970, à la frontière entre le Cambodge et le Viet Nam avec deux autres journalistes français.

Gilles Caron
Gilles Caron © Calmann-Levy

Deux livres viennent de sortir qui se complètent pour nous faire comprendre ce que fut la formation, puis le travail de Gilles Caron. « J’ai voulu voir », publié chez Calmann-Lévy recense les lettres échangées avec sa mère, femme engagée, militante du PSU, et notamment toutes celles qu’il lui envoya durant les 22 mois de son service militaire en Algérie de 1960 jusqu’aux accords d’Evian. Aux éditions Liénart paraît également son « Scrapbook » , photos, planches contact, lettres, annotations et entretiens, passionnante immersion dans l’univers du photographe. Pour nous en parler, ce soir, Marianne Caron-Montély, son épouse, et Michel Poivert, historien de la photographie, qui prépare pour l’an prochain une exposition qui lui sera consacrée à Lausanne.

Le reportage de Vinciane Haudebourg :

Exposition Henri Cartier Bresson - Paul Strand, Mexique, 1932-1934.

Sur deux étages, le même pays, la même époque, mais deux mondes et deux façons d’envisager la photographie.

Chez Paul Strand, le Mexique est mythique, rural et religieux. Il y a dans ses images une puissance évidente, un calme souverain, une forme de recueillement terriblement humain.

Chez Henri Cartier Bresson, c’est au contraire la légèreté de la rue, le mouvement, un œil surpris et des compositions instinctives comme on picore à la volée.

La confrontation des deux regards est saisissante, osée et réussie.

Visite de l'exposition avec sa commissaire Agnès Sire.

Jusqu'au 22 avril à la Fondation Henri Cartier Bresson, Paris.

La programmation musicale :

- Berry, Si c'est la vie

- Bob Dylan, Knockin' on heaven's door

- Tindersticks, Slippin Shoes

L'équipe

Mots-clés :
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.