pour leur livre A la lecture publié chez Grasset et pour la réalisation de lectures filméesProust lu

Véronique Aubouy et Mathieu Riboulet pour "A la lecture"
Véronique Aubouy et Mathieu Riboulet pour "A la lecture" © Grasset / Véronique Aubouy et Mathieu Riboulet

Marcel Proust a dédié l’œuvre de sa vie,A la recherche du temps perdu , à son lecteur.

Donc à vous, à moi, et à eux aussi.

Comme un miroir qui nous serait tendu par delà les années et la mort, à peine troublé par le souffle de tous ceux qui s’y sont, depuis, dévisagés et reconnus.

A chacun son Marcel, à chacun ses citations notées dans un petit carnet, ses personnages devenus compagnons de route, ses baignades solitairement jalouses dans ce fleuve littéraire où l’on ne cesse de revenir s’immerger.

Et, souvent, cette prise de possession est si violente, si intime, que l’on supporte à grand peine les exégèses amoureuses ou savantes de ceux qui, sans cesse, viennent ponctuer les dates anniversaires de la saga proustienne.

Mais qu’ils se taisent donc tous et qu’on nous laisse seul avec lui, avec elle.

Aussi la parution, chez Grasset, à la fin de l’été, d’un étrange petit livre intituléA la lecture et présenté comme une variation autour de la lecture de La Recherche , pouvait susciter une certaine méfiance.

Mais les deux auteurs, Véronique Aubouy et Mathieu Riboulet , n’étaient pas dépourvus de légitimité.

Elle, a entrepris depuis 1993, l’aventure insensée consistant à faire lire devant sa caméra les sept tomes de l’œuvre, 2408 pages dans l’édition Quarto de Gallimard, par des lecteurs venus de tous horizons, à raison de deux pages et demi chacun, jusqu’au mot fin, lequel devrait être prononcé d’ici une petite trentaine d’années…

Lui, est un écrivain singulier, installé dans la Creuse, et qui, dans ses livres poétiques et dérangeants, écrit les tumultes de la chair et les tourments de l’âme. Légitimes, donc, disais-je.

Véronique Aubouy et Mathieu Riboulet sont, ce soir, les invités de l’Humeur Vagabonde.

http://www.aubouy.fr/

Le reportage de Lucie Akoun

C’est au dix-septième étage d’une Tour de la Bibliothèque Nationale de France du site François Mitterrand qu’il m’aura fallu monter pour découvrir, en présence de Guillaume Fau, Conservateur au Département des Manuscrits en charge des collections modernes et contemporaines, quelques manuscrits de Marcel Proust.

Sur un velours rouge, Guillaume Fau sort délicatement et successivement un des quatre carnets de notes, puis un des soixante-quinze cahiers de brouillon et enfin l’un des vingt cahiers de mise au net.

Le fonds colossal de la BNF ne contient pas moins de cent vingt-deux volumes au total qui couvre l’intégralité des étapes de travail de Marcel Proust pour écrireLa recherche du temps perdu.

Manuscrit Marcel Proust-A la recherche du temps
Manuscrit Marcel Proust-A la recherche du temps © Gallica.Bnf / Gallica.Bnf

C’est avec émotion et émerveillement, il faut le dire, que l’on regarde, sous nos yeux, le processus d’écriture en train d’advenir. Cette écriture en rhizome qui part du centre de la page pour se développer dans des excroissances insoupçonnées.

D’abord dans la marge, puis une bulle dans un espace laissé jusqu’ici vide sur la page en voie de saturation.

Une fois celle-ci intégralement recouverte, l’ajout des fameuses paperolles. Un travail d’amplification dont on ne voit pas comment celui-ci aurait pu prendre fin...

Rencontre avec Guillaume Fau.

L’intégralité du fonds Proust est visible sur le sitehttp://gallica.bnf.fr/

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