pour leur documentaire Quand il a fallu partir diffusé vendredi 16 octobre à 23h40 sur ARTE et pour leur premier roman Burn out au Seuil

Mehdi MEKLAT et Badroudine SAÏD ABDALLAH alias les Kids
Mehdi MEKLAT et Badroudine SAÏD ABDALLAH alias les Kids ©

Qui a oublié le petit homme très énervé qui promettait de nettoyer une cité au karcher ? C’était en 2005 et un gamin de 11 ans était mort au pied de la tour Balzac de la cité des 4000 à la Courneuve, victime d’un règlement de comptes entre bandes rivales sur fond de trafic de drogue.

Les 4000, c’était le symbole des maux générés par ces banlieues dortoirs qui, jusqu’aux années 70, avaient représenté une amélioration de l’habitat pour ce que l’on pouvait alors appeler la « classe ouvrière », et qui, depuis la disparition des emplois industriels et l’inexorable montée du chômage, concentrent désormais toute la désespérance de générations en marge d’une société de plus en plus inégalitaire.

Mais dans ces barres sans charme vivent des familles avec leurs histoires, il s’y noue des amitiés, des amours, des aventures comme partout. La vie en somme, aussi riche et diverse qu’ailleurs, même si elle est souvent plus difficile.

Et en 2011, lorsque les pelleteuses jetèrent bas la tour Balzac, le chagrin des habitants fut sincère.

Medhi Meklat etBadroudine Saïd Abdallah ont grandi là, l’un à Saint Ouen l’autre à Balzac, et se sont rencontrés en 2007 au lycée. Inséparables depuis, ils ont ensemble fait leurs classes au Bondy Blog, créé après les émeutes de 2005. Et c’est ensemble que nous les avons entendus, sur Inter ces dernières années, dans les émissions de Pascale Clark qui les avait baptisés Les Kids.

Ensemble toujours, qu’ils viennent de réaliser leur premier documentaire,Quand il a fallu partir s ur la démolition de Balzac et les souvenirs de ceux qui y vivaient, il sera diffusé ce vendredi 16 octobre à 23H40.

Et c’est également à quatre mains qu’ils ont écrit leur premier livre,Burn Out publié au Seuil, un roman construit autour du geste terrible d’un chômeur qui s’est immolé devant un bureau de Pôle Emploi à Nantes en 2013.

Une de ces informations atroces que l’on écoute le matin en avalant un café et que l’on oublie, happé par les soucis de notre quotidien.

Badroudine Saïd Abdallah et Medhi Meklat ont fait en sorte de réveiller notre mémoire, et ils sont ce soir les invités de l’Humeur Vagabonde .

Le reportage d'Elsa Daynac

Il s'appelait Djamal , parti d'Algérie pour Nantes.

Il n’est plus là-bas. Il n'est plus ici. Partir, Du latin partire : Partager.

Lui, Il s'appelle Soltan , il vient de Tunisie.

Il est parti.

Il n'a pas choisi. Exilé, Du latin exilere : Sauter dehors.

Il est arrivé ici

Lille

Parce que là-bas / Tunis / il a chanté ce qu'il ne fallait pas.

Il n'est plus là. Il est ici.

A Lille depuis 6 mois. Hors de son pays depuis 2011.

Il n'a pas le droit de travailler

Il a juste le droit de marcher. De chanter.

Et maintenant, il marche en attendant que l'automne passe.

https://www.youtube.com/watch?v=hhpsGF-Qwxw

Les archives de l'INA et les extraits sonores

Nicole Chaar

ARCHIVE INA Les pieds sur terre 25.03.2013 – reportage Leila Djitli

ARCHIVE INA 13 février 2013 sur France inter - journal de 19h00 par Alain passerel

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