Pour « Nature aime à se cacher » propos dansé avec Jonas Chéreau d’après « le visible est le caché » de Jean Christophe Bailly édité par Le Promeneur en 2009/Théâtre de la Bastille jusqu’au 18 septembre

Autrefois cantonnée à l’enclos dominical bien balisé de « trente millions d’amis », la cause animale monte en puissance dans notre monde, au fur et à mesure que l’usage qu’en font les hommes nous rapproche de l’apocalypse. Des émissions, des livres, des lobbies, et jusqu’à nos voisins de palier, nous somment désormais d’aimer les bêtes plus que nos semblables et de renoncer au foie gras, à la corrida et au poulet rôti au nom de la souffrance animale. Avouer ne pas donner aux Somaliens affamés, ou passer indifférent devant les mendiants en bas de chez vous, ne vous vaudra pas une remontrance. Mais énoncer en public que la prolifération des pigeons à Paris vous dégoûte ou que tout est bon dans le cochon, risque de vous valoir une réputation de serial killer dans la meilleure société.

Pourtant, entre le viandard du week end qui tire sur tout ce qui bouge et la milliardaire qui lègue sa fortune à son chien qui, LUI, ne l’a jamais déçue, il doit bien y avoir un peu d’espace pour penser. Les livres de Jean Christophe Bailly, philosophe, écrivain et poète, nous y invitent. Aussi loin que possible de tout anthropomorphisme, sans mièvrerie ni lourde démonstration, il nous invite juste à regarder l’animal comme un autre occupant légitime de la planète, sa différence, sa manière à lui de se mouvoir, de nous approcher, de nous proposer une autre forme de vie. Jacques Bonnaffé s’est emparé de quelques uns de ses textes, parus en 2009 chez l’Arpenteur, dans « le visible est le caché », et les a porté sur la scène du théâtre de la Bastille qu’il occupe avec le danseur Jonas Chéreau jusqu’au 18 septembre. Et il est, ce soir, l’invité de l’Humeur Vagabonde.

reportage de Judith Soussan

Avant Le vivant est le caché , Jean-Christophe Bailly a publié en 2007 Le Versant animal , texte profond, magnifique, sur la présence des animaux en ce monde, l’émerveillement de toutes ces vies si différentes, sur ce qui nous lie à eux et nous en sépare irréductiblement, sur ce qui nous échappe. Et, aussi, sur la dévastation que serait un monde sans animaux, ou sans animaux sauvages.

Pour évoquer ensemble un peu de cette méditation, nous nous sommes donné rendez-vous au Jardin des plantes, pour une déambulation ponctuée de haltes nombreuses, devant une biche, une autruche ou un orang-outang.

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Nature aime à se cacher

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