Il s’appelait Gaston et, en son temps, avait déjà du batailler ferme contre les gardiens du dogme, dirigeants de la Nouvelle Revue Française, adeptes de la littérature pure et dure, et qui trouvaient indignes d’eux de voisiner avec des écrivains plus grand public. Sous sa couverture blanche à liseré rouge, Gallimard représente toujours, cent ans plus tard, l’image d’Epinal de l’édition à la française, à l’opposé des marchands de papier à l’américaine. Evidemment, la réalité est bien différente. Editer n’est plus le passe temps de quelques doux rêveurs mais une activité commerciale dans laquelle le rôle des financiers est devenu décisif.

Paul Fournel
Paul Fournel © POL

Paul Fournel publie aujourd’hui chez P.O.L. « La liseuse », petit roman satirique, qui est une sorte d’adieu désabusé mais sans nostalgie excessive, à un métier qui permettait hier aux fous de mots, de papier, d’histoires, de se croire indispensables à la naissance des livres. Il prête son regard amusé et ses agacements érudits à Robert Dubois, éditeur à l’ancienne, dont la maison qui porte encore son nom, est passée aux mains d’un groupe traquant les dépenses inutiles, dont les livres qui lui plaisent font de plus en plus souvent partie. Président de l’Oulipo, atelier d’expérimentation littéraire créé par Queneau et dont faisait partie Perec, Paul Fournel a écrit « La Liseuse » en épousant la forme d’une sextine, forme poétique du XIIè siècle. Béotiens que nous sommes, il ne le dirait pas, nous ne le saurions pas !

Le reportage de Gladys Marivat :

Apparemment, la guerre entre le papier et le numérique n’est pas encore déclarée

J’ai rencontré Benjamin Lacombe, un jeune auteur et illustrateur de livres pour enfants et pour adulte. L’année dernière, cet ancien des Arts Déco de Paris qui a déjà publié une vingtaine d’ouvrages est passé au livre numérique avec L’Herbier des Fées, un album coécrit avec Sébastien Pérez. Benjamin Lacombe est avant tout un amoureux de la peinture et du dessin. Et c’est d’abord en livre papier qu’il a publié L’Herbier des fées. L’Herbier des fées, c’est le carnet intime d’un botaniste russe dépêché en 1914 dans la forêt de Brocéliande par le cabinet des sciences occultes de Raspoutine. De cette expédition, il devait rapporter de nouvelles plantes médicinales. Il va en fait découvrir des petits êtres magiques. Pour cette histoire, Benjamin Lacombe s’est dit que le numérique pouvait apporter quelque chose et il a travaillé avec le studio d'animation français PrimaLinea. Le résultat, ce n’est ni un gadget, ni un jeu vidéo, mais un autre livre, une nouvelle manière de raconter et de faire rêver.

Rencontre dans son atelier avec un créateur passionné et avec Virgile, son chien très chic.

La programmation musicale :

- Paul McCartney, My Valentine

- Claude Nougaro, Plume d'Ange

- Cabadzi, Lachons-les

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