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Pour « Nos luttes cachent des sanglots, Afghanistan, un médecin dans la guerre" aux Editions Bayard En 2008, Atiq Rahimi a reçu le prix Goncourt pour son premier livre écrit directement en français après 24 années d’exil. Il a aujourd’hui la double nationalité, française et afghane. Mais, explique-t-il, lorsqu’il est revenu en 2002, pour la première fois, dans son pays d’origine, il a vu qu’au fronton du lycée franco-afghan où il avait fait ses études, la devise républicaine avait été modifiée. Si Egalité et Fraternité étaient encore lisibles, le mot Liberté avait disparu. Dans la préface qu’il a écrite au livre de son ami Ahmad Ashraf, devenu neuro-chirurgien au CHU de Grenoble, l’écrivain s’interroge : alors que l’indépendance est fièrement revendiquée par les Afghans, éternellement en lutte contre les envahisseurs –hier Anglais, puis Russes, aujourd’hui Américains et occidentaux-, le mot de liberté, lorsqu’il s’applique à l’individu, a-t-il un sens là-bas ? Une réponse, individuelle, est donnée au fil des pages de ce livre touchant, « Nos luttes cachent des sanglots » que publie Ahmad Ashraf aux éditions Bayard. Devenu médecin militaire au moment de l’invasion soviétique, ce fils de la bourgeoisie de kaboul va voir son pays se déchirer, les traditions se dévoyer et la corruption gangrener le nouveau pouvoir. Menacé parce qu’il soigne aussi les résistants, il sera contraint à l’exil en 1989. Son récit nous permet de mieux comprendre l’interminable douleur afghane que nous ne voulons plus, il faut bien l’avouer, ni voir ni entendre. ### reportage Reportage de Lucie Akoun En mai, le Théâtre de la Ville a eu l’excellente idée de consacrer une journée à la culture afghane qu’elle soit musicale, poétique, cinématographique ou culinaire. Leili Anvar, qui est née à Téhéran et qui est chercheuse et maître de conférences en langues et littérature persane participait à cette journée en compagnie de l’écrivain et réalisateur Atiq Rahimi. Ensemble, ils ont lu des poèmes. Poèmes de femmes pachtounes mais aussi des poèmes inédits et contemporains de femmes afghanes qui sont pour la plupart exilées et que Leili Anvar a traduit. Ce travail de traduction considérable est en attente de publication mais d’ici là vous pouvez découvrir « Le suicide et le chant » - dans la collection connaissance de l’Orient chez Gallimard.
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