Editeur de Raymond Carver pour la parution de ses œuvres complètes aux éditions de l’Olivier(les quatre premiers volumes sont disponibles).

Dans son refus de jouer le jeu de l’interview consistant à résumer la vie d’un écrivain à trois adjectifs définitifs et une anecdote rigolote, Richard Ford disait, ce jour-là, exactement ce qu’il y avait à savoir de Raymond Carver, son ami qui venait de mourir. Que l’amitié, et disons-le, l’amour les avait réunis. Et, qu’en plus, leur écriture, à l’un comme à l’autre, s’étaient mutuellement enrichies de leur rencontre. Car parler de Ray Carver avec ceux qui aiment ses livres, c’est parler de ce qui nous fait parfois nous sentir si proches de parfaits inconnus.

Vingt ans de douloureux et obscur labeur, dix ans de reconnaissance littéraire mondiale, et puis la mort, à 50 ans, alors qu’il avait enfin vaincu l’alcoolisme, le parcours de Carver ne fut pas paisible, et c’est un euphémisme. Mais son œuvre, plusieurs dizaines de short stories, publiées d’abord dans des revues, puis en volume, a ébloui des millions de lecteurs à travers le monde.

Typiquement américaines, ses histoires de gens paumés, cassés par la vie, l’alcool, le boulot, s’adressent pourtant à tous. Magie de son style, sec, épuré, de ses phrases débarrassées du moindre gras, réduites à l’os, à la vérité simple. Ce style, justement, était-il le sien ? Olivier Cohen, son éditeur français, republie aujourd’hui les nouvelles de Carver dans deux versions : celle que l’on connaissait déjà, et une autre, inédite, correspondant au texte original de l’auteur, avant intervention de son éditeur américain, le célèbre Gordon Lish. Déconcertant et absolument passionnant. Olivier Cohen est avec nous ce soir pour nous conter cette dernière histoire signée Carver.

reportage

Judith Soussan:

Le BAL, nouveau lieu dédié à l’image documentaire, qu’elle soit fixe ou en mouvement, consacre sa première exposition à des regards croisés sur les Etats-Unis. « Anonymes – L’Amérique sans nom : photographie et cinéma » confronte les démarches et les visions de nombreux artistes, des années 40 à aujourd’hui, avec pour fil rouge la question de l’individu dans l'espace public, de l’anonymat. Toutes les oeuvres présentées ont en commun la sobriété, le refus du didactique, rencontrant en cela l’univers de Carver. Avec Diane Dufour, directrice du Bal et co-commissaire de l’exposition, décryptage de trois d'entre elles: celles de Walker Evans, de Chauncey Hare, de Doug Rickard.

Jusqu'au 19 décembre 2010 Le BAL - 6 impasse de la Défense, Paris 18ème. Ouvert du mercredi au dimanche de 12h à 20h (22h le jeudi, 19h le dimanche)

oeuvre(s)

  • Le coeur sur la main

    De Richard Ford

  • Tais-toi, je t'en prie

    De Raymond Carver

  • Les vitamines du bonheur

    De Raymond Carver

  • Oeuvres complètes, vol. 1: Débutants

    De Raymond Carver

  • Oeuvres complètes, vol. 2: Parlez-moi d'amour

    De Raymond Carver

    Les liens

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