pour son essai littéraire Le livre multiple publié aux éditions de l'Olivier

- traduit de l’anglais par Anne-Laure Tissut -

Adam Thirwell-Le livre multiple
Adam Thirwell-Le livre multiple © Editions de l'Olivier / Adam Thirwell

En 1986, dansL’Art du roman , Milan Kundera, définira ce que doit être, pour lui, l’écriture romanesque. D’abord une construction, comme une architecture, comme une machinerie subtile et complexe, mais débarrassée de ses fioritures, de ses lourdeurs. Dépouillée de tout lyrisme, de tout baroque, de toute joliesse. Dans ce cadre, les personnages se meuvent avec légèreté, sans que le lecteur puisse résumer l’intrigue en quelques phrases. Mais ce que Kundera décrit ainsi, c’est sa façon de construire ses livres.

Chaque écrivain pourrait avoir une autre réponse, tout aussi acceptable pour ses lecteurs. Le style un point c’est tout pour Flaubert ; d’abord une bonne histoire pour Nabokov ; Borges, lui, décrétant mauvais lecteurs ceux qui recherchent le style d’un auteur ; Robbe-Grillet ayant sûrement réussi à réconcilier tout le monde en choisissant de détruire le style et d’omettre l’histoire…

Bref, à cette interrogation apparemment innocente : « c’est quoi au fait un vrai bon roman ? », vouloir obtenir une réponse carrée c’est comme demander une fois pour toutes à connaître le sexe des anges.

D’ailleurs le dernier livre du britannique Adam Thirlwell, s’il vous ouvre avec brio et intelligence une multitude de pistes de réflexion, toutes plus réjouissantes les unes que les autres, sur ce qu’est, ou ce que devrait être un roman digne de ce nom, ne vous donnera pas non plus de solution à cette énigme.

Le livre multiple , traduit de l’anglais par Anne-Laure Tissut, tout juste paru aux éditions de l’Olivier, est d’abord une promenade érudite et impertinente dans la littérature mondiale. Thirlwell n’est pas qu’un bon lecteur, il sait tisser des liens entre les œuvres, faire apparaître des mystères de fabrication, pénétrer l’âme des auteurs.

Son essai est une sorte de joyeux bric à brac qui nous donne, surtout, une féroce envie de lire et de relire, ne serait-ce que pour aller vérifier sur pièces ce qu’il nous en dit.

Preuve vivante queLe Gai Savoir existe encore, même après être passé par Oxford, Adam Thirlwell est, ce soir, l’invité de l’Humeur Vagabonde.

avril et mai - rencontres avec Adam Thirlwell

A l'occasion de la parution de Le livre multiple (en librairie le 10 avril).

Le 13 mai à Bruxelles, à 19h15, à la librairie Tropismes.

Le 14 mai à Paris, à 19 h, à La Maison de la poésie.

Le 15 mai à Paris, à l'Institut du monde anglophone avec le TRACT.

Le 16 mai à Nantes, au festival Atlantide (14h30 Grand entretien animé par Sophie Quetteville; 17h30 conversation avec Jean-Claude Pinson, animée par Sophie Quetteville)

Du même auteur :

Adam Thirwell-L'évasion
Adam Thirwell-L'évasion © Editions de l'Olivier / Adam Thirwell
Adam Thirwell-Politique
Adam Thirwell-Politique © Editions de l'Olivier / Adam Thirwell

Le reportage de Judith Soussan : éloge de la fugue

Dans Le livre multiple , Adam Thirlwell utilise à quelques reprises la métaphore de la fugue pour évoquer la complexité de la composition romanesque.

Alors, voici un petit éloge de la fugue et de l’œuvre qui l’a portée à son acmé, L’Art de la fugue de Jean-Sébastien Bach.

On y entend les voix de Pierre-Laurent Aimard , pianiste ; de Yoann Bourgeois , artiste circassien, chorégraphe ; et celle d’un excentrique canadien du nom de Glenn Gould

- Pierre-Laurent Aimard : www.pierrelaurentaimard.com

L’art de la fugue (Deutsche Grammophon) est paru en 2008 ; à noter, Le clavier bien tempéré livre 1 (parution septembre 2014), avec un concert à la Cité de la Musique le 30 novembre

- La compagnie Yoann Bourgeois : http://www.cieyoannbourgeois.fr/

L’art de la fugue , avec Yoann Bourgeois, Marie Fonte, et au piano interprétant l’œuvre en direct, Célimène Daudet.

Le spectacle poursuit sa tournée : il sera à Cholet les 15 et 16 mai et à Pau les 23 et 24 juin prochains. Un autre spectacle de Yoann Bourgeois, Minuit , sera à l’affiche du Théâtre des Abbesses à Paris du 16 au 24 avril. A noter également au Centquatre, Impatience , festival du théâtre émergent, du 23 mai au 8 juin 2014

- Avec des extraits du film Glenn Gould, l’Alchimiste , de Bruno Monsaingeon

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