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Pour « La maison de thé » Le Seuil Non, il ne s’agit pas de nostalgie, plutôt d’un léger étonnement. Celui d’un homme qui, l’âge venu, se retourne sur le chemin parcouru pour se remémorer les paysages, les voix et les visages autrefois familiers dorénavant disparus, les travaux et les jours maintenant achevés. Etonnement car tout cela, qui fut essentiel, ne dit plus grand-chose à ceux d’aujourd’hui. Combien sont-ils encore à savoir qu’il y eut la zone, en lieu et place du périphérique, que des trolleys circulaient sur les boulevards, que Gérard Philipe et Suzanne Flon furent de jeunes premiers éblouissants de beauté, et que Pierre Dumayet interrogeait le soir, à la télévision, des paysannes sur Emma Bovary et que c’était passionnant. Ce XXè siècle-là est plus loin de nous aujourd’hui qu’il ne le fut, lui, du temps de Diderot et de celui de Flaubert. Jacques Tournier a vécu dans les mots, pour les mots. Les siens d’abord, publiés dans ses livres, ceux de ses personnages qu’il faisait vivre à la radio et à la télévision dans des feuilletons célèbres qu’il signait Dominique Saint Alban. Et ceux des auteurs américains qu’il aima et traduisit : Carson McCullers, Scott Fitzgerald, Truman Capote. Son dernier livre, « la maison de thé » paru au Seuil, nous propose une promenade dans sa mémoire, un visage appelant une anecdote, une page de livre relu évoquant la voix d’un ami disparu. Mémoire comme un jardin japonais où quelques soient les chemins choisis, ils mènent tous à la pelouse de la sérénité. ### reportage Un jardin imaginaire, par Grégoire Louis. A la lecture du très beau livre de Jacques Tournier, La maison de thé, j'ai eu envie de déambuler dans les allées de cette mémoire, dans les allées de ce jardin métaphorique où s'éveillent les ombres bienveillantes des amitiés disparues. On rencontre Irène Joachim chantant La Carpe, extrait du Bestiaire d'Apollinaire, sur une musique de Françis Poulenc, puis la joyeuse bande d'Yvonne Printemps, Teresa Berganza jouant Didon de Purcell, La Callas dans Tosca, Les jardins du roi, une carte blanche radiophonique à l'auteur dans les années soixante, puis Pierre Lhoste qui demande à Nicole Védrès quelle serait sa maison de rêve, enfin, c'est Barbara qui apparaît sur le perron de sa Maison.
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