Martin Page est ce soir l'invité de l'Humeur Vagabonde pour « L'apiculture selon Samuel Beckett », paru le 10 janvier 2013 aux éditions de l’Olivier

« L'apiculture selon Samuel Beckett »
« L'apiculture selon Samuel Beckett » © Les éditions de l’Olivier

Anne Atik et Avigdor Arikha ont été des amis intimes de Samuel Beckett pendant plus de trente ans et jusqu’à la mort de l’écrivain en 1989. Avigdor Arikha était un peintre d’origine roumaine, qui avait pris la nationalité israelienne après la guerre. Sa femme Anne Atik, poète et américaine, a suivi les deux hommes tout au long d’innombrables nuits à Montparnasse passées à boire toutes sortes d’alcool dans les cafés et les bars, à se réciter de mémoire des poèmes, à évoquer les plus beaux tableaux, les meilleurs écrivains et refaire le monde. En 2003 elle a publié aux éditions de l’Olivier un merveilleux petit livre de souvenirs intitulé « Comment c’était » dans lequel revit un Sam Beckett gourmand, musicien, délicat, attentionné avec les enfants et les animaux. Mais souvent plongé dans un silence dont nul n’osait le tirer.

Martin Page a sans doute rêvé de partager, dans une autre vie, une bouteille de Margaux avec l’auteur de«Fin de Partie»tout en parlant d’Apollinaire et de Shakespeare. Mais, né trop tard dans un monde trop vieux, il n’a pu qu’imaginer… Tant mieux pour nous, ses lecteurs, déjà charmés par ses précédents livres comme « La disparition de Paris et sa renaissance en Afrique » ou « Peut être une histoire d’amour », et qui avons pu nous délecter ainsi du dernier ,«L’apiculture selon Samuel Beckett » qui vient de paraître aux éditions de l’Olivier. Un jeune doctorant en anthropologie en train de boucler sa thèse un été caniculaire à Paris, accepte, pour se faire quelque argent, d’aider un écrivain à classer les archives qu’il a promis d’envoyer à diverses universités. L’écrivain se nomme Samuel Beckett, porte des chemises à fleurs et les cheveux longs, se régale de petits plats qu’il cuisine avec amour et adore jouer au bowling. Et c’est un intarissable bavard.

Le reportage de Flora Bernard en compagnie de Bruno Clément, professeur de littérature qui vient de publier « La voix verticale » aux éditions Belin

"La voix verticale"
"La voix verticale" © Editions Belin

Bruno Clément a une longue histoire avec Beckett. Son premier livre, L’œuvre sans qualité, Rhétorique de Samuel Beckett (Seuil, 1994) a apporté un éclairage original sur l’œuvre de l’écrivain. Ce livre a fait entrer Bruno Clément dans le cercle fermé des critiques beckettiens pendant quelques années. Et puis, il en a eu assez. Il s’est tourné vers d’autres auteurs.

Mais cette année Bruno Clément est revenu à son premier amour. A travers son nouveau livre, La voix verticale où Beckett a une place importante. Et surtout dans les cours qu’il donne depuis septembre dernier à la Centrale Pénitentiaire de Poissy. Ses étudiants sont des prisonniers condamnés à de très longues peines, inscrits en licence de Lettres.

Bruno Clément a pensé que l’œuvre de Beckett pourrait leur parler.

Le résumé du livre

La voix humaine est pour la pensée un objet résistant: charnelle et spirituelle, medium de la parole et du chant, ajoutant aux mots qu’elle profère la saveur de son intonation, animale et humaine, la voix est naturelle, en somme. Mais pas seulement…

Le présent essai choisit d’aborder cette équivocité essentielle à partir d’une figure, la prosopopée, qui, donnant voix aux absents, aux morts, aux êtres surnaturels, ou même inanimés, confère aux textes qu’elle informe un relief toujours édifiant. Usant de la prosopopée, les philosophes ou les théoriciens (Platon, Rousseau, Nietzsche, Freud, Foucault, Levinas), les poètes ou les romanciers (Beckett, Blanchot, Deguy, Sarraute) font entendre, surplombant le discours ordinaire et reçu, une voix étrangère et intempestive – une autre voix. Voix véridique et exigeante, voix morale, au zénith de la conscience. Voix verticale.

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