Il s’appelle Obama, un nom qui est celui de l’aigle dans sa tribu près de Yaoundé. Bien qu’il ne soit pas l’aîné, c’est lui qui a été choisi par son aîeul, le féticheur du village, pour prendre sa succession. Une charge bien trop écrasante pour l’adolescent qui préfèrera s’en aller vers la France, les études de philosophie et une autre vie, celle des Blancs. Mais ni la réussite professionnelle, ni l’amour, ni l’écriture ne parviendront à lui faire oublier la béance au plus profond de lui-même, la culpabilité, le manque. Obama devra se réconcilier avec son histoire secrète pour habiter enfin sa vie.

Gaston Paul Effa
Gaston Paul Effa © Actes Sud

Dernier roman de l’écrivain Gaston-Paul Effa, « je la voulais lointaine » est paru voici peu chez Actes Sud. Comme dans ses précédents livres, l’auteur y revisite, sous le voile de la fiction, des évènements marquants de sa propre vie. Ici son arrivée, adolescent camerounais élevé par les sœurs, en classe de terminale dans un lycée de Strasbourg. Le choix de la philo, puis celui de l’écriture, et les premières histoires d’amour qui, on le sait, finissent mal, en général. Professeur de philosophie, romancier, critique, essayiste, Gaston-Paul Effa est également un cuisinier émérite qui a ouvert en 2003 à Sarrebourg un restaurant dont les bénéfices lui ont permis de bâtir sur sa terre natale une école et une bibliothèque.

Le reportage de Vinciane Haudebourg :

Malik Nejmi a grandi dans les silences d’un père née au Maroc, immigré en France, et qui tourne le dos à son pays natal. Cette désertion du père physique et mentale le pousse à aller au Maroc en 2001. Il en ramène des photographies lumineuses de famille, de méditerranée et de souvenirs.

Un deuxième voyage suit avec le besoin de comprendre l’obsession du départ. Il rencontre Hocine, un marocain qui a tenté la traversée. Et toujours dans ces clichés, on lit les creux du père en philigrane.

En 2005, il réussit et ramène son père au Maroc. Un voyage entre mutisme et dévoilement. Les photographies constitueront le volet final de son travail qu’il appellera El maghreb, et que Raymond Depardon fera exposer à Arles. Un regard photographique adressé au père et au pays comme un trait d’union.

Les photographies de Malik Nejmi sont en ce moment exposées à la Cité de l'Histoire de l’immigration à Paris dans le cadre de l’exposition intitulé « J'ai deux amours »

www.maliknejmi .com

photo
photo © Malick Nejmi

La programmation musicale :

- Ablaye Ndiaye Thiossane, Aminata Ndiaye

- Charles Trenet, L'âme des poètes

- Amadou et Mariam/ Bertrand Cantat, Oh Amadou

- JP Nataf, Après toi

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