[scald=8889:sdl_editor_representation]Jean-Pierre Vernant est mort le 9 janvier dernier, il avait 93 ans et, derrière lui, une vie dont tout autre que lui aurait pu s'enorgueillir à juste titre. Philosophe et historien de formation, Jean-Pierre Vernant fut non seulement le plus grand et le plus subtil des hellénistes mais aussi ce que son ami et disciple Pierre Vidal-Naquet appela un "maître libérateur", un enseignant qui sollicitait la dialogue et n'avançait que dans la confrontation des idées. Nommé en 1940 à Toulouse, cet homme élevé dans l'horreur de la guerre entra immédiatement en Résistance et y devint le colonel Berthier, chef des FFI pour la Haute-Garonne. Le 19 août 1940 il libérera Toulouse à la tête de ses hommes. Cette parenthèse refermée, comme il aimait à la dire pour couper court au récit de ses exploits, il redevint professeur, chercheur et écrivain. Directeur d'études à l'Ecole Pratique des hautes études, il créa en 1964 le centre Louis Gernet pour les recherches comparées sur les sociétés anciennes et devint en 1975, professeur au Collège de France. Militant communiste critique, homme attentif au sort des autres hommes, ami généreux, conteur incomparable, citoyen exigeant, intellectuel sachant se servir de ses mains, Jean-Pierre Vernant aimait à se définir comme "un type en compagnie", un humain qui a besoin des autres humains. En février 2000, pour Ephémérides et en décembre 2004 pour l'Humeur vagabonde, nous avions reçu Jean-Pierre Vernant. Ce sont des extraits de ces deux entretiens que nous offrons ce soir à tous ceux qui, comme nous, se sentent orphelins depuis sa disparition. "La traversée des frontières" est le dernier des ouvrages de Jean-Pierre Vernant, il est publié au Seuil.### programmation musicale

William Sheller

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