pour son livre Un été à Bluepoint - traduit par Bernard Cohen - paru chez Albin Michel

Stuart Nadler-Un été à Bluepoint
Stuart Nadler-Un été à Bluepoint © Albin Michel / Stuart Nadler

Fils d’un petit boutiquier juif né sur les bords de la Baltique, ayant émigré pour fuir les persécutions, Arthur Wise est devenu, après un recours collectif gagné, l’un des avocats les plus redoutés des Etats Unis, spécialisé dans la défense de victimes d’accidents d’avion.

Avec l’afflux des dossiers, son cabinet engrange des millions de dollars et lui-même cesse soudain d’être ostracisé dans la bonne société de la côte Est où l’antisémitisme est naturel.

Devenu riche, en même temps qu’une icône des démocrates, alors qu’il est un républicain virulent, Arthur Wise va vouloir obtenir tous les attributs de la classe possédante. Parmi lesquels une maison de vacances à Cape Cod où il va passer tous ses étés à partir de 1952, pour le plus grand bonheur de son fils adolescent, Hillie, qui vit très mal la transformation de ses parents en nouveaux riches racistes et réactionnaires.

Et cet été là, justement, Hillie va devenir l’ami du domestique noir que son père maltraite, et tomber amoureux de sa nièce, Savannah. Déclenchant ainsi un drame qui le poursuivra toute sa vie.

Un été à Bluepoint, traduit par Bernard Cohen, vient de paraître aux éditions Albin Michel. Son auteur, Stuart Nadler , diplômé de la prestigieuse université de l’Iowa, avait déjà été remarqué pour un premier livre de nouvelles, Le livre de la vie , paru en 2013 en France.

Si Un été à Bluepoint démarre comme un roman classique portant sur un conflit familial entre un père dévoré d’ambition et son fils révolté en quête d’autonomie, très vite le propos devient plus grave. C’est une peinture de l’Amérique des cinquante dernières années qui se dessine, raciste, avide, égoïste et hypocrite où seules comptent les apparences et l’argent.

De l’Amérique, et de nos sociétés européennes dans lesquelles les idéaux de l’après guerre, s’ils sont toujours proclamés haut et fort, ne cessent d’être bafoués dans les politiques menées en leur nom.

Stuart Nadler est, ce soir, l’invité de l’Humeur Vagabonde . Xavier Combe sera notre interprète.

Le reportage de Gladys Marivat

Lorsqu'il voyage, à la fin des années 40, de sa Géorgie natale au nord-est des Etats-Unis, le père de Savannah se fie à un guide : The Negro Motorist Green Book.

__ Nous sommes à une époque où la ségrégation continue de sévir dans le Sud alors que de plus en plus d'Afro-Américains ont les moyens de s'acheter une voiture.

Dans le Green Book , on trouve des adresses d'hôtels, de restaurants et de salon de coiffure où "l'automobiliste noir", comme dit le guide, sera accepté. Mais aussi des publicités pour Esso et des reportages sur le look à adopter pour un voyage aux Bermudes.

Un mélange qui nous semble étrange et même choquant, de nécessité et de frivolité.

Pour raconter l'histoire de ce guide : l'historienPap N'Diaye , l'écrivain Jake Lamar et des témoignages d'automobilistes afro-américains dans les années 50.

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