Geneviève Brisac évoque la traversée du siècle de Jenny Plocki dans son livre "Vie de ma voisine" qui vient de paraître chez Grasset

Geneviève Brisach
Geneviève Brisach © Sipa

Dans ce monde, tel qu’il est devenu, il faut du courage, ou de l’inconscience –ce qui n’est pas du tout la même chose comme le répètent les imbéciles- pour oser affirmer « je crois à la force de l’intelligence ». Dans quelques mois nous serons noyés sous les commémorations de Mai 68. Médias et éditeurs, politiques et intellectuels époussettent déjà leurs vieux dossiers pour nous conter les belles heures de notre dernière grande émotion nationale. Et, alors que ceux qui s’y était jetés avec la fougue de leur 20 ans ne savent plus trop quoi en dire (tant le désenchantement les a englués), leurs détracteurs répèteront à l’envi qu’ils sont à l’origine de tous nos maux. Oui, ceux là mêmes qui voulaient un partage plus équitable des richesses, du temps pour vivre, l’égalité hommes-femmes, et la libération de leurs camarades, seraient donc responsables du déclin de la France. Plus la vieille droite, plus la réaction, plus l’ordre moral et le capitalisme le plus brutal gagnent partout, plus la dénonciation des rêveurs d’il y a cinquante ans est à la mode.

A quoi servent alors les écrivains ? A nous raconter de belles histoires ? Pas seulement. Ils sont là pour nous rappeler ce à quoi nous avons cru, ce pour quoi nous nous sommes battus, ce en quoi nous avons espéré. Les écrivains, les vrais, doivent, avec obstination, glisser un petit caillou dans notre pantoufle pour nous empêcher de ronfler devant la télé.

Geneviève Brisac en a plein les poches de ces petits cailloux, brillants, pointus, qui parsèment les histoires qu’elle nous confie, avec espoir, pour qu’elles grandissent en nous et nous donnent du courage.

« Vie de ma voisine », son nouveau livre, tout juste paru chez Grasset, est l’un de ceux que nous aurons plaisir à offrir aux gens que nous estimons. On y entend sa voix, bien sûr, un peu tremblante, mais qui jamais ne faiblit dans la noire forêt où nous cherchons notre chemin. Elle sert d’écrin à celle d’Eugénie, dite Jenny, dite Nini, née en 1925 à Paris, fille de Rivka et de Nissim, venus tous deux de Pologne vers le pays des Lumières et qui y furent renvoyés pour y mourir en 1942.

Pas une complainte, non, pas du tout. Une conversation entre deux femmes qui aiment les livres, les enfants, le théâtre et les manifestations.

Lire un extrait

Le reportage de Gladys Marivat :

Rencontre avec Jenny Plocki

Rencontre avec Geneviève Brisac :

La Librairie Folies d'encre accueillera Geneviève Brisac le vendredi 27 janvier 2017 à 18h30

9 avenue de la Résistance 93100 Montreuil - 01 49 20 80 00 Métro Croix de Chavaux

La programmation musicale :

  • Nilüfer Yanya -Small Crimes
  • Véronique SansonEt je l'appelle encore
  • The Klezmatics Chava Alberstein -Ikh shtey unter a bokserboyim

La voix de Charlotte Delbo est extraite de la Radioscopie de Jacques Chancel (Archive I.N.A. / 02.04.1974)

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