pour son premier romanLes Arpenteurs - traduit par Laura Derajinsky - paru aux éditions Gallmeister

Kim Zupan - Les Arpenteurs
Kim Zupan - Les Arpenteurs © Gallmeister / Kim Zupan

Valentine Millimaki est le plus jeune des adjoints du sheriff du comté de Copper dans le Montana. C’est lui qui écope des boulots dont les plus anciens ne veulent pas, comme aller rechercher, avec son chien Tom, les personnes portées disparues, qu’il retrouve la plupart du temps à l’état de cadavre, ou assurer les gardes de nuit à la prison du comté. C’est là qu’il rencontre John Gload, 77ans, assassin au long cours, qui s’est laissé prendre sans la moindre résistance.

Millimaki traverse une mauvaise passe. Les morts le hantent, il ne parvient plus à dormir et sa femme, infirmière la journée, ne supporte plus sa solitude la nuit ni les fantômes qui hantent son mari depuis toujours.

A douze ans, c’est lui qui a trouvé le corps de sa mère, pendue dans la grange.

ohn Gload a également grandi dans une ferme.

D’instinct, le vieux criminel insomniaque reconnaît une part de lui-même dans ce flic pas comme les autres.

Une étrange amitié va naître, au fil des nuits, entre les deux hommes.

Gload racontant à Millimaki de terribles morceaux choisis de sa vie, le flic finissant par confier à l’assassin le naufrage de son mariage et son obsession des morts.

Magistralement traduit par Laura Derajinsky, Les Arpenteurs de Kim Zupan est paru aux éditions Gallmeister. Originaire du Montana, où il vit toujours, Kim Zupan enseigne aujourd’hui la menuiserie à l’université de Missoula, après avoir exercé quantité d’autres métiers, comme pêcheur de saumon en Alaska, fondeur, réparateur d’avions, ou cow boy de rodeos.

Les Arpenteurs , qui, en américain s’intitule les laboureurs, est un livre passionnant et fascinant, chant d’amour aux paysages violents du Montana, qui façonnent les hommes à leur image.

Histoire d’une amitié non dite et d’une transmission troublante qui brouillent les lignes de partage entre le bien et le mal. Kim Zupan, qui a mis plus de six années pour écrire ce livre, son premier publié, démontre une maîtrise stupéfiante du récit et la puissance d’un style qui emporte le lecteur dès les premières lignes.

Alors qu’il termine une tournée dans les librairies françaises et s’apprête à rentrer dans son cher Montana, Kim Zupan a fait, ce soir, une halte dans le studio de l’Humeur Vagabonde . Xavier Combe sera notre interprète.

Le reportage de Cerise Maréchaud

Cerise Maréchaud, l’une de nos reporters, est en ce moment à la pêche aux sons en Louisiane. La lecture du livre de Kim Zupan lui a donné l’idée de nous raconter une autre histoire d’amitié, née de part et d’autre des murs de la tristement célèbre prison d’Angola, réputée être la plus dure des prisons américaines.

En 1967, Herman Wallace, jeune militant des Black Panthers, y est incarcéré pour vol à main armée. Très vite, avec deux camarades, Albert Woodfox et Robert King, ils vont dénoncer les épouvantables conditions d’incarcération, les violences et le racisme institutionnalisé.

La presse les surnomme « les 3 d’Angola ».

Le meurtre d’un surveillant en 1972 va alors, sans la moindre preuve probante, leur être attribué, façon de les condamner à la détention à vie et à l’isolement dans des cellules de 2m sur 3.

Depuis, à trois reprises, des tribunaux ont reconnu leur innocence, l’Etat de Louisiane faisant à chaque fois appel.

A partir de 2001, Herman Wallace va entamer une correspondance suivie avec Jackie Sumell , une jeune artiste qui va le pousser à concevoir avec son aide une exposition, et qui est au centre d'un documentaire signé Angad Bhalla confrontant la réalité de l’enfermement à l’imaginaire d’un homme redevenu libre dans sa tête. Herman Wallace est mort en 2013, d’un cancer, trois jours après sa libération.

Cerise Maréchaud a rencontréJackie Sumell , qui continue son travail en faveur des prisonniers, chez elle, à la Nouvelle Orléans.

Le travail de jackie Sumell et de la défense des Angola 3 :

[http://hermanshouse.org](: http://hermanshouse.org )

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