Il y eut ce printemps-là une série de crimes particuliers.Ceux qui les commettaient étaient des exploités de toutes sortes,employés,salariés,ouvriers agricoles,domestiques, misérables divers,et ceux qui étaient assassinés étaient des patrons, des gens pour qui il n’y a qu’à… étudier,faire un effort,traverser la rue etc

"Ça suffit la connerie !" : quand l'absurde contient une part de vérité
"Ça suffit la connerie !" : quand l'absurde contient une part de vérité © Getty / lebazele

Traverser la rue pour trouver un emploi, travailler pour s’acheter un costume au lieu de faire grève en tee shirt, cesser de dénoncer les premiers de cordée qui, un jour peut-être, ferons l’aumône aux chômeurs quand les célèbres plans de retour à l’emploi les aurons mis à la rue, et surtout, surtout, comprendre que les non riches coûtent un pognon de dingue à un état qui a mieux à faire que de leur octroyer 5 euros d’aide au logement. Heureusement que ce genre de discours n’a pas cours aujourd’hui et qu’il s’agit là de fiction pure et simple. Un chef d’état responsable ne peut évidemment s’adresser ainsi à son peuple. On se demande où les romanciers vont chercher leur inspiration….

D’ailleurs les premières lignes du petit livre Désordre  que Leslie Kaplan vient de publier chez P.O.L. le précisent d’emblée : ce dont il s’agit, cette vague de crimes soudains commis par des opprimés contre des inconnus appartenant à la classe des oppresseurs, est une fiction inspirée par le climat social du XIXè siècle. Celui des Maîtres de Forge et des manifestations réprimées par la troupe. Des troubles causés, comme l’écrit alors la presse, désorientée, par le « mauvais esprit ». Des meurtres sans préméditation et sans explication, du moins jusqu’à ce qu’un ouvrier, poussant sous un autobus un député qui proposait une loi pour recalculer les heures supplémentaires, s’exclame « ça suffit la connerie » !. « Désordre » est un bref et percutant conte politique qui nous offre un moment de pure jubilation.

Le site personnel de l'auteur

Les extraits sonores

Les pieds sur terre (Reportage :Martine Abat ,11/04/2019) 

La programmation musicale

Charles Pasi: Shoot somebody 

Extrait de l'entretien avec Leslie Kaplan :

La littérature a un rôle a jouer par rapport au monde  

Une des choses merveilleuses dans la révolution Française c'est que la parole circulait, c'est très bouleversant de lire des choses racontant cela au jour le jour

Le mot "classe" semble  aujourd’hui tombé dans l'oubli ou alors  il semble ringard de l'utiliser mais c 'est absurde ! C'est ce l'ordre du déni, du mensonge , il y a quelque chose que l'on veut effacer et je trouve cela aberrant

Ce qui m'a plu c'est ce pousser les choses à l’absurde, mais l'absurde contient une part de vérité, c'est un ressort du comique ou du burlesque... c'est une façon de faire réfléchir.

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