En 2010 la journaliste Franco-finlandaise Taina Tervonen se rend en Bosnie-Herzégovine et va suivre pendant plusieurs mois Senem, anthropologue judiciaire et Darija, enquêtrice. L’une travaille avec les morts, l’autre avec les vivants, dans un pays traumatisé par les guerres des Balkans : la Bosnie-Herzégovine

Portrait de Taina Tervonen, documentariste et journaliste, auteure de : "Les fossoyeuses "(Editions Marchialy).
Portrait de Taina Tervonen, documentariste et journaliste, auteure de : "Les fossoyeuses "(Editions Marchialy). © Chloé Vollmer-Lo

Mounira Soubasic était, en 2008, lorsqu’elle s’exprime ainsi au micro de Laure de Vulpian sur France Culture, la présidente de l’association des mères de Srebrenica. Le nom de cette petite ville de Bosnie-Herzégovine est lié à jamais aux massacres perpétrés par les troupes du général Mladic en juillet 1995 qui avaient entrepris le nettoyage ethnique de ce territoire en vue de l’annexer à une future grande Serbie. 

Plus de 8000 hommes et jeunes garçons musulmans y furent exécutés, les femmes étant expulsées, dans le meilleur des cas. Mais, autour de Srebrenica, des milliers d’autres victimes succombèrent à ce que le Tribunal de La Haye a qualifié de génocide et pour lequel Mladic et Karadzic furent plus tard condamnés à la perpétuité. Entre 1992 et 1995 la guerre en ex-Yougoslavie a causé environ 100 000 morts, et plus de 40 000 disparus, parmi lesquels 85% de bosniaques. Vingt cinq ans après, 12 000 n’ont toujours pu être retrouvés et identifiés.

Franco-finlandaise, Taina Tervonen est journaliste et documentariste. Elle a réalisé pas moins de 23 webdocs pour l’excellent site Les Jours, tous consacrés au drame des migrants et notamment à ceux qui disparaissent en méditerranée. 

Obsédée, dit-elle, par ces milliers de fantômes dont les proches ne parviennent pas à faire le deuil,

elle s’est intéressée aux médecins légistes qui, en Espagne et en Italie, tentent d’identifier les dépouilles pour que ces morts laissent une trace dans les mémoires. 

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En 2010 elle se rend en Bosnie-Herzégovine et assiste, bouleversée, au travail de fourmi des équipes d’anthropologues qui fouillent les charniers pour reconstituer des squelettes 

souvent déplacés maintes et maintes fois par les coupables pour cacher leurs crimes. Taina Tervonen reviendra plusieurs fois sur ces terres où tant de fantômes attendent ici aussi leur délivrance. Elle y tournera un film, « Parler avec les morts », et aujourd’hui elle publie un livre, « Les Fossoyeuses » paru chez Marchialy, en hommage à deux femmes qui ont consacré leur vie à cette recherche.

A lire: 

LES FOSSOYEUSES de TAINA TERVONEN (Editions Marchialy)

Les extraits sonores diffusés ce soir 

Témoignage de Mounira Soubasic, présidente de l' association des Mères de Srebrenica extrait du _magazine de la rédaction "Srebrenica : donner un nom aux morts"       _06/09/2008  France Culture par Laure de Vulpian 

Reportage au Charnier "secondaire" de  Kamenica extrait du magazine de la rédaction :"Srebrenica : donner un nom aux morts" 06/09/2008  par Laure de Vulpian 

Reportage dans la  morgue de Tuzla: les corps non encore identifiés 

Culture plus: Le massacre de Srebrenica, 10 ans déjà : 11/07/2005 Nicole Duroi

Témoignage d’une femme: "Dix ans après sa disparition, le corps de mon fils ainé vient d'être identifié grâce à mon ADN"  20 heures le journal France  2  21/11/2005

EXTRAIT  du documentaire Parler avec les morts de Taina Tervonen  

Dune Porter, Porte porte parole à la Commission internationale des personnes disparues: l’importance de savoir ce que sont devenues les personnes disparues , non seulement pour les proches des personnes disparues mais aussi  pour la société en général car beaucoup de serbes sont convaincus qu’ils sont les victimes d’une « conspiration anti serbe » 

Culture plus:  Le massacre de Srebrenica, 10 ans déjà 11/07/2005
 

La programmation musicale 

Claude CHALHOUB / Erik SATIE  Gnossiennes

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