La photographie peut être une arme. Pour dire ce qui n’est pas entendu, montrer ce que l’on veut cacher, déranger, ne serait-ce qu’un instant, l’égoïsme et l’indifférence. Encore faut-il, et c’est le maître Cartier-Bresson qui le dit, que le photographe s’implique. Autrefois, avant le règne de la com’ et des interviews télévisés, il est même arrivé que des gouvernements s’en servent pour faire évoluer la législation sociale vers un peu plus de justice. Roosevelt, au moment du New Deal, a carrément engagé des photographes pour ouvrir les yeux de ses compatriotes sur le sort des enfants au travail, des paysans affamés, des noirs dans le Sud et des habitants des taudis newyorkais.

Lewis Hine
Lewis Hine © Lewis Hine /

Avant Dorothea Lange, avant Walker Evans et Russell Lee, il y eut un précurseur. Dès 1903, un petit homme timide, portant des lunettes et traînant une lourde chambre en bois sur un trépied, a entrepris, alors qu’il enseignait dans une école progressiste, destinée en priorité aux enfants d’immigrés, de photographier les enfants dans les rues, au travail dans les filatures, les champs, les mines. Puis ce furent les arrivants à Ellis Island, les miséreux à New York, Pittsburgh, Chicago, les ouvriers, les femmes au travail dans les taudis. Si tout le monde connaît certaines photos de Lewis Hine, devenues des icônes de la vie américaine au début du XXè siècle, personne ou presque ne connaît plus son nom. La Fondation Cartier Bresson a eu la très bonne idée de lui consacrer une exposition, saisissante, à voir jusqu’au 18 décembre. Sa directrice, Agnès Sire est, ce soir, l’invitée de l’Humeur Vagabonde.

Le reportage de Baptiste Etchegarray :

Baudouin Mouanda, jeune photographe congolais invité du salon Paris Photo qui vient de s'achever, photograhie dans les rues de Brazzaville les "sapeurs", ces dandys qui aiment se "saper" classe, élégant, avec toujours le petit détail décalé qui fait le chic de leur allure. Il s'est amusé à reconstituer le temps d'un week end un petit studio photo, en diffusant cette simple annonce : venez sapé ! Il a vu défiler pendant 2 jours les branchés, les lookés, ou même les familles, tous ravis de se prendre au jeu de la sape... Reportage de Baptiste Etchegaray

Sapeurs à Brazza
Sapeurs à Brazza © Baudoin Mouanda / Baudoin Mouanda
Sapeurs à Brazza
Sapeurs à Brazza © Baudoin Mouanda / Baudoin Mouanda

La programmation musicale :

- Louis Amstrong/Mills Brothers, Caravan

- Caravan Palace, 12 juin 3049

- Robie, Je te tue

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