Olivier Cadiot est ce soir l'invité de l'Humeur Vagabonde pour "Les revenants" d'après "Gengangere" de Henrik Ibsen en tournée jusqu'au 14 juin 2013

"Les revenants"
"Les revenants" © Théâtre Nanterre - Les Amandiers

Autrefois, le prude pasteur Manders et l’austère Madame Alving, ont eu quelque inclination l’un pour l’autre. C’était l’époque où, tout juste mariée au capitaine, sa jeune épouse découvrait, horrifiée, ses turpitudes. Mais le pasteur, stoïque, l’avait alors convaincue que son devoir était de demeurer auprès de son mari. Bien des années plus tard, alors qu’Osvald, le fils prodigue, revient vivre auprès de sa mère, atteint d’une mystérieuse maladie, et qu’un orphelinat portant le nom de feu le capitaine Alving va être inauguré pour honorer sa mémoire, les vérités trop longtemps tues vont apparaître au grand jour.

Avec "Les Spectres", montée en 1882, Henrik Ibsen déchaîna le scandale dans les pays scandinaves. « Cette pièce est un égout à ciel ouvert » décréta la critique. Il faut dire qu’un an après "Maison de poupée" dans laquelle Nora quitte mari et enfants pour vivre enfin sa vie, Ibsen mettait la barre encore plus haut : cupidité, adultère, bigoterie, syphilis, inceste et euthanasie y sont évoqués de manière à peine voilée. Aujourd’hui, adaptée par Olivier Cadiot et Thomas Ostermeier, et rebaptisée "Les Revenants", elle se joue au théâtre Nanterre-Amandiers jusqu’au 27 avril, avec les excellents Eric Caravaca et Valérie Dréville. Olivier Cadiot en signe la traduction et l'adaptation.

Quelques informations sur la pièce

Publiée en 1881, la pièce fut accueillie très fraîchement par rapport au succès de Maison de poupée précédemment créée. Cette tragédie en trois actes fait scandale car elle attaque de front le puritanisme protestant et les secrets de famille, surtout lorsqu'ils sont liés à des interdits d'ordre sexuel, ici la syphilis.

Pour Thomas Ostermeier, tous les personnages comme il est dit sont des revenants dans cette famille Alving, les morts bien sûr mais aussi les vivants puisqu'ils ressurgissent dans la vie des uns des autres : Osvald Alving prend aux yeux de sa mère le visage de son père, le pasteur Manders, premier amour de Madame Alving revient aussi dans la vie de celle qui a voulu oublier et vice versa... La vraie question de la pièce semble donc être : sommes-nous des êtres indépendants et libres ou ne sommes-nous que le produit de ceux qui nous ont précédés ?

Thomas Ostermeier se pose la question de savoir combien d'entre nous aimeraient ne pas ressembler à leurs parents et combien d'autres font tout pour éviter de ressentir cette ressemblance...

Véritable tragédie grecque où le destin joue un rôle fondamental , où les révélations funestes surgissent par petites notations successives, par petites phrases laissées en suspens, Les Revenants semblent nous inviter à vivre avec les fantômes que nous hébergeons bien involontairement et souvent bien inconsciemment.

Les prochaines représentations de la pièce

Du 5 au 27 avril au Théâtre Nanterre-Amandiers. À Douai, Nantes, Thonon-Evian et Quimper en mai, à Caen et au Printemps des comédiens de Montpellier en juin.

Le reportage de Perrine Malinge

  • Interview de Thomas Ostermeier , le metteur en scène du spectacle, de passage quelques heures pour répéter avant la première du spectacle au Théâtre Nanterre-Amandiers.

  • Après avoir répété et créé le spectacle pendant deux mois à Lausanne, toute la troupe a rejoint Nanterre. Petit parcours en compagnie des deux acteurs Valérie Dréville etEric Caravaca (respectivement Mme Alving et son fils Osvald) parmi ces Revenants et le travail avec Thomas Ostermeier...
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