pour Americanah paru chez Gallimard - collection Du Monde Entier

Chimamanda Ngozi Adichie - Americanah
Chimamanda Ngozi Adichie - Americanah © Gallimard - collection du Monde Entier / Chimamanda Ngozi Adichie

Dans un salon de coiffure africain, à Trenton dans le New Jersey, une jeune femme écoute avec consternation les conversations des clientes. Toutes ne parlent que défrisage, crèmes éclaircissantes pour la peau et mariage avec un homme, américain si possible, ou, au moins, ayant ses papiers en règle. Ifemelu, qui a quitté le Nigeria en espérant poursuivre ses études de littérature, est installée aux États-Unis depuis quinze ans. D’abord clandestine, elle a connu les humiliations, la violence, la misère. Dorénavant blogueuse à succès et conférencière, elle est devenue une référence, en matière de racisme, décrivant avec un humour ravageur les préjugés des Noirs comme des Blancs, même lorsqu’ils se prétendent non racistes. Tout à coup Ifemelu est envahie d’une immense nostalgie de son pays, seul endroit où elle imagine pouvoir enfin se sentir à sa place. Et, pendant qu’elle se fait tresser les cheveux à l’africaine, ce qui suscite la désapprobation de ses voisines, elle va se souvenir de tout : de son enfance heureuse, de son premier amour, et de ces années d’apprentissage en Amérique.

Americanah , traduit par Anne Damour, publié chez Gallimard, est un grand livre, que l’on a envie de recommander à tous ceux qui comptent pour nous. Son auteur, Chimamanda Ngozi Adichie, vit partagée entre Lagos et les États-Unis où elle a fait ses études à John Hopkins et à Yale. C’est son quatrième livre et elle y confirme avec éclat son talent de conteuse, l’intelligence aigüe de son regard sur les deux sociétés, son féminisme tranquille et un humour ravageur. Déjà traduit en trente langues, succès planétaire, Americanah est un superbe roman d’apprentissage au féminin et une ample réflexion sur la cohabitation entre sexes, races et cultures.

Nous sommes tous des féministes, de Chimamanda Ngozi Adichie
Nous sommes tous des féministes, de Chimamanda Ngozi Adichie © Radio France

En même temps sort, également chez Gallimard,Nous sommes tous des féministes , traduit par Mona de Pracontal, le texte d’une conférence que Chimamanda Ngozi Adichie a donnée en 2012 lors d’un colloque sur l’Afrique. Elle est, ce soir, l’invitée de L’Humeur Vagabonde . Xavier Combe sera notre interprète.

Le reportage de Gladys Marivat

Quand Ifemulu décide de retourner vivre au Nigeria, son premier geste est de se rendre dans un salon de coiffure et de se faire tresser.

Porter une afro, défriser ou lisser ses cheveux, se faire des tresses avec ou sans mèche, porter une perruque…La coiffure occupe une grande place dans le roman de Chimamanda Ngozi Adichie et fait partie intégrante de sa réflexion sur la race aux États-Unis et les canons de beauté en Amérique et en Afrique.

En France aussi, des milliers de femmes noires, d’origine africaine ou antillaise, consacrent beaucoup de réflexion, de temps et d’argent à leurs cheveux.

À Paris, certaines délaissent les salons de coiffures de Château d’Eau et leurs effluves chimiques. Elles se revendiquent « nappy », « crépu » en français, et portent leurs cheveux au naturel.

Reportage avec Sandra Bozon et Aline Tacite de l’association Boucles d’Ebène et Shaun Ollison, Miss California Black, dans la boutique de Kelly Massol. Elle est créatrice de cosmétiques naturels et adore bichonner les cheveux. Je me suis laissée tenter…

Pour en savoir plus sur l’histoire du cheveu crépu, les croyances et les pratiques, on peut lire Peau noire cheveux crépus : l’histoire d’une aliénation (Jasor, 2005) de la sociologue Juliette Smeralda.

Pour retrouver les bons produits de Kelly Massol : www.secretsdeloly.com

Et pour en savoir plus sur les mille et une façons de coiffer le cheveu crépu, le salon Boucles d’Ebène se tiendra le 30, 31 mai et 1er juin au Centquatre à Paris. www.salon-be.com

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