pour leur documentaire Au nom de l'ordre et de la morale diffusé ce soir lundi 16 mai à 22h30 sur France 3

  Photo extraite de la BA du documentaire "Au nom de l'ordre et de la morale", grand prix du Figra 2016 © DR
Photo extraite de la BA du documentaire "Au nom de l'ordre et de la morale", grand prix du Figra 2016 © DR © D.R

En avril 2013 les Suisses, effarés, entendent Simonetta Sommaruga, alors en charge de la justice au sein du gouvernement fédéral, demander pardon en leur nom à tous aux victimes survivantes de ce qu’il faut bien appeler une politique eugéniste.

A partir des années 40, mais en certains endroits depuis bien plus longtemps, et jusqu’aux années 80, les autorités cantonales ont procédé, au nom de la morale, de la religion et de l’ordre social, à des internements sans jugement, à des placements forcés, à des adoptions et à des stérilisations.

Etaient visées les familles pauvres, réputées susceptibles de déviances, les jeunes filles jugées trop libres, les enfants de couples séparés ou soupçonnés de mauvaise hygiène ou d’adultère.

Foyers religieux aux méthodes féroces, maisons de redressement, prisons, familles d’accueil paysannes obtenant ainsi une main d’œuvre gratuite et dépourvue de droits, un véritable système coercitif para-légal qui a pu fonctionner pendant des décennies grâce à la délation et à l’indifférence des citoyens.

Et ceux qui avaient tenté, parfois, de témoigner avaient vite été accusés de trahir leur pays.

C’est en avril 2013 queRomain Rosso , journaliste à l’Express, séjournant en Suisse pour une enquête, entend parler de ce scandale national.

Trois mois plus tard, après avoir recueilli des dizaines de témoignages et mesuré l’ampleur de ces maltraitances, il publie un long reportage qui va attirer l’attention d’un producteur de documentaires.

Avec le réalisateur Bruno Joucla , ils vont partir filmer les lieux, les témoins, les victimes et demander à des spécialistes, historiens et psychiatres, d’éclairer les raisons qui ont pu pousser une société à maltraiter des enfants, enfermer et stériliser des jeunes filles, par peur de la différence.

Depuis, une pétition pour obtenir l’indemnisation des quelques 15 000 victimes encore en vie a recueilli 110 000 signatures et le parlement a voté une loi en ce sens.

Leur film Au nom de l’ordre et de la morale, qui fait entendre des témoignages terribles, au milieu de ces paysages paisibles représentatifs de la célèbre tempérance suisse, sera diffusé ce soir, à 22H25 sur France3.

Romain Rosso et Bruno Joucla sont, ce soir, les invités del’Humeur Vagabonde.

Le reportage d'Elsa Daynac

Reportage avec Anna Lopez Luna pour parler de son documentaire : Enterrar y callar / Taire et enterrer

C’est un film de témoignages sur le vol de nouveaux nés dans les maternités espagnoles.

L’affaire a commencé pendant la dictature franquiste et a continué pendant la démocratie. Il y aurait plus de 300 000 cas de bébés volés entre les années 60 et les années 90 - des bébés déclarés morts à la naissance pour être vendus. Le film est composé d’une série d’entretiens : des mères, des pères, des enfants. Les uns après les autres, ils confient leurs histoires, Des histoires qui avaient été enfouies sous terre.

Anna Lopez Luna

http://www.annalopezluna.net/

Le film Enterrar y callar peut être vu au Salon de Montrouge jusqu’au 31 maihttp://www.salondemontrouge.com/

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