Stanislas Nordey fait entendre les mille nuances du texte bouleversant d’Edouard Louis. Le silence entre le père et le fils, les quelques moments d’amour, la violence des rapports familiaux, et les retrouvailles alors que le père n’est plus qu’un corps brisé par la société.

"Qui a tué mon père" d'Édouard Louis, mise en scène et jeu Stanislas Nordey au théâtre de la Colline jusqu'au 3 avril 2019
"Qui a tué mon père" d'Édouard Louis, mise en scène et jeu Stanislas Nordey au théâtre de la Colline jusqu'au 3 avril 2019 © Jean-Louis Fernandez

Pour les dominants, le plus souvent, la politique est une question esthétique :une manière de se penser, une manière de voir le monde, de construire sa personne. Pour nous, c’était vivre ou mourir. 

- Edouard Louis

Edouard Louis avait 21 ans lorsqu’il publia, en 2014, En finir avec Eddy Bellegueule, son premier livre qui fit de lui une star. Parcours édifiant en effet que celui de ce fils de prolo devenu, grâce à l’école républicaine, un diplômé des meilleures écoles et un intervenant que les universités étrangères s’arrachent. 

Premiers bémols dans ce concert de louanges, en 2016, avec son deuxième livre, Histoire de la violence, où il retrace crûment son agression par un de ses amants de rencontre. Et, depuis la parution, en 2018, de Qui a tué mon père, bref et terrible récit du délabrement physique de son père, dans lequel il nomme par leur nom les responsables politiques qui, par leurs décisions, ont influé sur sa vie, la gêne est perceptible. Trop militant pour les uns, maladroit pour d’autres. 

Étrange. 

Les effets des lois voulues par ceux qui nous gouvernent ne leur seraient donc pas imputables ? Et, surtout, ne fourniraient pas un sujet digne de la littérature ?

La littérature, le théâtre ne sont pas des lieux éthérés, préservés des laideurs de la vie matérielle. Et, lorsqu’ils s’en emparent, avec talent, avec panache, avec intelligence, ils nous donnent des clés pour démêler la confusion de nos esprits, pour nous permettre de comprendre les temps que nous traversons. Stanislas Nordey, directeur du Théâtre National de Strasbourg, est aussi un acteur et un metteur en scène qui nous a souvent procuré les émotions les plus fécondes ressenties dans une salle obscure. Qui a tué mon père a été écrit pour lui et le spectacle qu’il en a tiré est absolument formidable

Il fait entendre les mille nuances du texte bouleversant d’Edouard Louis. Le silence entre le père et le fils, les quelques moments d’amour, la violence des rapports familiaux, et les retrouvailles alors que le père n’est plus qu’un corps brisé par la société. Il faut courir voir Qui a tué mon père au Théâtre de La Colline, à Paris, jusqu’au 3 avril, puis au Théâtre National de Strasbourg en mai. Et il faut lire, et offrir, le livre paru au Seuil.

D'autres actualités concernant  Stanislas Nordey :

Il met en scène John de Wajdi  Mouwahad au Théâtre national de Strasbourg  du 18 au 29 mars et au Théâtre des Quartiers d'Ivry du 8 au 19 avril

Il reprend la mise en scène de Je suis Fassbinder créée avec Falk Richter au Théâtre du Rond Point du 5 au 28 avril.

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Le Festival littéraire Hors Limites fête ses 10 ans! Il se tiendra du 29 mars au 13 avril dans toute la Seine -Saint -Denis!

Maylis de Kerangal , Laurent Gaudé, Estelle-Sarah Bulle ,Valérie Zenatti , Jean-Marie Blas de Roblès,Atiq Rahimi, Yannick Haenel, Véronique Ovaldé,  Arno Bertina, Gérard Noiriel, Michèle Audin,Amandine Gay,Nicolas Mathieu,  Tristan Garcia,  Emmanuelle Bayamack-Tam, Philippe Jaenada, Zeina Abirached ... et beaucoup d'autres seront présents lors du Festival  Hors Limites 2019

Né en Seine-Saint-Denis pour les lecteurs du 93 et porté par l’association des bibliothèques du département, il valorise depuis toujours une littérature remuante et ambitieuse,complexe et vivante, auprès d’usagers qui ne le sont pas moins. 

La SUPERBE   programmation est à retrouver ICI 

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En installant sa caméra au cœur des locaux de la rédaction du journal en ligne Mediapart, avant, pendant et après l’élection présidentielle française de 2017, Naruna Kaplan de Macedo a pu suivre le quotidien de celles et ceux qui y travaillent. Sur fond de dossiers comme l’affaire Baupin, les Football Leaks, les financements libyens, le film nous donne à voir comme jamais les coulisses d’un certain journalisme d’investigation.  

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