Trois ans après son précédent livre "Ladivine", Marie NDiaye revient avec "La Cheffe, roman d’une cuisinière" qui vient de paraître chez Gallimard.

Un homme parle d’une femme qu’il a admirée, aimée, et désespérément tenté de satisfaire pour, finalement, la trahir. Ce narrateur n’a pas de nom, pas plus que celle dont il expose pieusement la vie, comme se racontaient, autrefois, les faits et gestes des saints, des mystiques, des héros. Il a été son disciple, jeune commis de cuisine avant de devenir, enfin, son second et son confident.

Elle, c’est La Cheffe, cuisinière de génie, sauvage et solitaire, redoutant les éloges bien plus que les critiques, consumée par la honte d’avoir dépassé sur l’échelle sociale ses parents, si pauvres mais tellement dignes. Devenue ordonnatrice encensée de repas d’exception, créatrice adulée de plats de légende, comme le gigot en habit vert, le chou farci à l’andouillette de Troyes, le lapereau en croûte de noix, la Cheffe ne s’avoue jamais satisfaite. Elle est sans cesse en quête d’une cuisine idéale, épurée, ascétique, qui ne susciterait aucun commentaire, juste un recueillement reconnaissant, une méditation. Sa seule faiblesse sera sa fille, médiocre et avide, qui la mènera à sa perte.

Retrouver l’écriture envoûtante de Marie NDiaye, ses phrases enveloppantes qui, obstinément, fouillent, creusent et s’enroulent autour du cœur mystérieux, dense et scintillant de l’histoire qu’elle nous offre, c’est un rendez vous que l’on ne manquerait pour rien au monde.

Trois années après Ladivine, dont les échos résonnent encore dans nos mémoires, son nouveau livre, La Cheffe, roman d’une cuisinière vient de paraître chez Gallimard. Mélancolique et grave, mais relevé de cet humour distancié qui ponctue toujours ses récits, ce portrait douloureux d’une autre femme puissante reprend des thèmes chers à l’écrivaine : la fabrication d’un destin hors du déterminisme social, les relations complexes et passionnelles entre mères et filles, la difficile conciliation entre création et maternité, la quête intransigeante d’honnêteté dans un monde qui n’encense que l’esbroufe. Classique dans sa forme, comme le fut Un Cœur Simple, petit bijou d’épure de Flaubert, La Cheffe est un délectable antidote pour tous ceux à qui Top Chef coupe l’appétit.

Le reportage de Vinciane Laumonier

Avec la cheffe Rougui Dia.

Femme d’origine sénégalaise, elle a tenu les cuisines du fameux restaurant Petrossian à Paris, puis celle du Vraymonde où elle a dirigé des brigades masculines.

Petite, Rougui hésitait entre la couture et l’armée et c’est finalement la cuisine gastronomique qui l’a remporté. Un métier de cheffe où elle a retrouvé la précision et la créativité en même temps que la discipline et l’ordre.

Elle a écrit un livre : Le chef est une femme il y a une dizaine d’année où elle raconte sa passion et les difficultés d’évoluer dans un milieu farouchement gardé par les hommes.

Discrète et travailleuse, elle ne court pas les médias et préfère les sous-sol des cuisines. Et aujourd’hui elle ouvre une boutique où elle propose des babas à la dégustation. Elle était d’ailleurs en train de peaufiner les derniers ajustements pour ses desserts lorsque je l’ai rencontrée …

Un amour de baba, 179 rue du faubourg St Honoré

Le chef est une femme , Ed. Jean-Claude Gawsewitch (26 octobre 2006)

Programmation musicale:

Cyril Mokaiesh/ Bernard Lavilliers :La loi du marché

Alain Baschung/Aston Villa :Slow food

Abou Diarra /Toumani Diabaté :Djarabi

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