pour "La classe de rhéto" (Gallimard)

Ce temps-là, c’était la France de 1965. Pas encore remise du traumatisme de la guerre d’Algérie et de la perte de son empire colonial. Une France à majorité rurale, frileuse, coincée, pas encore entrée dans la modernité, gouvernée par un vieux général qui s’apprête à affronter pour la première fois le suffrage universel et y laissera des plumes. Et, dans cette France-là, l’armée, vaincue en Indochine et humiliée en Algérie, représente une force immobile, exhalant amertume et repli sur le passé, qui ne se voit plus de destin à sa mesure. Dans les internats qu’elle administre, organisation et discipline y sont toujours du siècle passé.

La classe de rhéto
La classe de rhéto © Radio France

Antoine Compagnon a quinze ans en 1965. Sa mère vient de mourir. Son père, général de carrière et compagnon de la Libération, doit partir en poste en Allemagne après deux années passées à Washington. Ses quatre aînés vont être mis en pension, Antoine ira au Prytanée militaire de La Flèche, qui prépare aux carrières militaires. Il y entre en première, qui porte encore le nom de « classe de rhétorique », appellation supprimée en 1902. Après les lycées américains, où le sport, l’hygiène et la libre discussion avec les professeurs sont l’usage, il découvre la promiscuité, le froid, la saleté, la censure et une discipline aveugle. Mais aussi l’amitié, la solidarité, le courage, et une certaine idée de ce que doit être une vie d’homme. Aujourd’hui, professeur au Collège de France et à Columbia, Antoine Compagnon publie chez Gallimard « La classe de rhéto », remémoration de ce temps perdu jamais oublié.

Le reportage de Vinciane Haudebourg:

Promenade radiophonique dans les rues de La Flêche avec Alain Ferry, ancien professeur au Prytanée et ami d'Antoine Compagnon.

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