L'Humeur Vagabonde reçoit Rolf de Heer, réalisateur, producteur et scénariste australien, pour son film Charlie's country - Sélection Officielle Un Certain Regard Cannes 2014 __ - en salles aujourd'hui

L'acteur David Gulpilil a reçu lePrix du Meilleur Acteur 2014 à Cannes

Rolf de Heer-Charlie's country
Rolf de Heer-Charlie's country © Nour Films / Rolf de Heer

Dans la partie nord-est de l’Australie, sur la terre d’Arnhem, qui s’étend sur 100 000 km2, vivent des tribus aborigènes qui, en dépit d’affrontements meurtriers depuis plus de deux siècles, n’ont jamais pu être ni vaincues ni totalement dépossédées de leurs terres comme dans le reste du pays.

En 1931 elle est même devenue une réserve jouissant d’une certaine autonomie.

Mais, en 2007, le gouvernement de l’époque a renforcé les contrôles et la mainmise sur ce territoire, officiellement dans l’intérêt des enfants.

Pour les aborigènes habitués à chasser, se déplacer, vivre d’activités traditionnelles, l’imposition brutale de ces nouvelles règlementations a provoqué incompréhension et révolte.

Le film, Charlie’s Country, sélectionné par Un Certain Regard au dernier festival de Cannes, s’inspire de cette confrontation difficile entre le monde des Blancs et celui des autochtones, à travers le parcours d’un vieil homme, qui fut chasseur et danseur, et ne parvient plus à trouver sa place.

Charlie , c’est David Gulpilil, acteur depuis 1971 etWalkabout de Nicolas Roeg. On l’a vu dans Crocodile Dundee , L’étoffe des héros de Philip Kaufman, Jusqu’au bout du monde de Wim Wenders, ouLa dernière vague de Peter Weir.

Abîmé par l’alcool et la drogue, il était en prison en 2011 lorsque son ami le réalisateurRolf de Heer, avec qui il avait déjà tourné deux films, décida de lui proposer un nouveau projet pour l’aider à s’en sortir.

Après avoir écrit Charlie’s Country à deux, David Gulpilil, désintoxiqué et revenu dans le sein de sa tribu, y interprète Charlie avec une présence rayonnante.

Plein d’humour, en dépit de sa colère et de sa douleur, ce film, d’une beauté sauvage, sort en salles aujourd’hui. Charlie n’est pas le double exact de David, mais son histoire porte les mêmes déchirures et les mêmes victoires.

Le réalisateur australien Rolf de Heer est, ce soir, l’invité de l’Humeur Vagabonde . Xavier Combe sera notre interprète.

Le reportage de Gladys Marivat

Des points blancs sur une couche d’ocre jaune, noir ou rouge. Un point, un trait : l’art aborigène a vite fait d’être réduit à une sorte de pointillisme abstrait.

Pourtant, chaque toile que les aborigènes peignent depuis les centres d’arts des terres cultuelles pour le reste du monde veut dire quelque chose.

Chercher le sens, déchiffrer l’histoire derrière les motifs…C’est ce qui a pousséLuc Berthier à parcourir les terres aborigènes d’Australie à la recherche de nouveaux talents.

Je l’ai retrouvé en banlieue, dans un hangar où il conserve ses plus grands formats.

Luc Berthier et un artiste aborigène
Luc Berthier et un artiste aborigène © Comité Professionnel des Galeries d'Art / Luc Berthier

Galerie Luc Berthier, 5 rue Sainte-Anastase 75003 Paris

www.galerielucberthier.com

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