Le 17 octobre 1961, à l’appel du FLN, 30 000 Algériens, hommes, femmes et enfants, quittent les bidonvilles de la banlieue et les taudis de la Goutte d’Or, endimanchés et sans armes, pour aller manifester dans Paris contre le couvre-feu décrété quelques jours auparavant à leur encontre par le préfet de police Maurice Papon. Cette année 61 est la pire dans le sanglant conflit que mène la France en Algérie, et qui s’est transporté sur le sol métropolitain. Le FLN mitraille des commissariats, l’OAS pose des bombes, les supplétifs algériens torturent, encouragés par la hiérarchie policière. Pour Roger Frey, ministre de l’Intérieur de De Gaulle, cette manifestation ne doit pas être un succès. Elle sera un massacre, le pouvoir politique donnant carte blanche à la police pour réprimer, et couvrant ensuite les excès et les meurtres par un mensonge d’état qui durera quarante ans.

Yasmina Adi
Yasmina Adi © Jean Texier

Aujourd’hui, 50 ans exactement après cette horreur, des colloques, des livres, des émissions spéciales et des films vont rappeler à tous que les familles des victimes, entre 100 et 200 selon les historiens, dont la majorité n’ont jamais été retrouvées, attendent toujours que l’Etat français reconnaisse sa triste responsabilité dans ce massacre délibéré. Yasmina Adi, documentariste, a réalisé son premier film en 2007 sur le 8 Mai 1945 en Algérie, à Sétif et Guelma. Son deuxième, nommé « ici on noie les Algériens », qui sera en salles mercredi 19 octobre, revient, à travers témoignages et archives inédites, sur les évènements de ce 17 octobre 1961.

Le reportage de Lucie Akoun :

Rencontre sur les marches de l’Institut de France avec l’historien Vincent Lemire. Il nous raconte l’histoire de cette photographie « Ici on noie les algériens » prise un matin de novembre 1961. L’auteur du graffito est situationniste, le photographe est communiste et il faudra attendre près de vingt-cinq ans pour que cette image soit diffusée puis publiée avant de devenir en 2001 une « icône militante ». Yasmina Adi a choisi justement cette image comme affiche de son film "Ici on noie les algériens".

On lira avec attention l’article de Vincent Lemire et Yann Potin sur le ce lien : www.cairn.info/load_pdf.php?ID_ARTICLE=GEN_049_0140

La programmation musicale :

- Daniel Darc, C'est moi le printemps

- Elena Frolova, Les noces d'hiver

- Keren Ann, You were in fire

Il faut noter la sortie ce mercredi aussi du film de Jacques Panigel "Octobre à Paris" tourné en 1962 et qui n'était jusque-là jamais sorti en salles.

Par ailleurs, du 16 au 25 octobre, le Magreb des Films rend hommage aux victimes du massacre du 17 octobre 1961 à travers uneprogrammation exceptionnelle de 7 longs métrages, fictions et documentaires, dont les films de Yasmina Adi et de Jacques Panigel. Toute la programmation de cette sélection, à Paris, en banlieue et en prvince sur le site :

http://maghrebdesfilms.fr/-Le-Maghreb-des-films-2011-

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