Sans cesse ballotté entre une identité et une autre,Karim Miske essaiera d’ « appartenir » à toutes, pour finalement n’en accepter aucune

En Mai 2015 sortait, aux éditions Viviane Hamy, un petit livre bref, rageur, douloureux, mais porté par le rire vengeur d’un humour noir et percutant. Un petit livre débordant de vie dans lequel pouvaient se reconnaître tous ceux qui, par choix ou par nécessité, doivent tracer leur route en dehors des chemins bien balisés, hors du cadre étroit déterminé par la race, le milieu social, la religion, le sexe.

Sur la couverture, la reproduction de clichés noir et blanc sur une planche contact : un très jeune enfant entre son père, très brun, peau foncée, et sa mère, chignon lisse et teint nacré. Photos attendrissantes de jeunes parents aimants penchés, avec une tendresse évidente, sur leur fils. Photos banales qui, soudain, éclairaient le titre, plutôt étrange : le verbe Appartenir, précédé d’un N apostrophe. « N’Appartenir » était signé Karim Miské, documentariste remarqué pour ses films sur les fondamentalismes religieux aux Etats Unis ainsi qu’une passionnante série sur Juifs et Musulmans.

Ce petit livre, N’Appartenir, Karim Miské l’avait commencé sous Sarkozy, alors que le débat sur l’identité nationale déchirait la France. Et il l’a publié en 2015, sous Hollande, tandis que les politiques débattaient de la déchéance de nationalité.

Né, dans le Vème arrondissement de Paris d’un père mauritanien, officiellement musulman bien qu’athée, et d’une mère marxiste orthodoxe, elle-même issue d’une famille catholique mi bretonne-mi vendéenne, Karim Miské s’est constamment vu étiqueté dans le regard des autres : blanc en Afrique, mais héritier de l’histoire complexe de sa lignée, arabe à l’école française, et sommé de correspondre à la caricature post-coloniale. Heureusement il y a eu la musique, et les livres, et ce que l’on apprend, parfois durement, dans les chemins de traverse que l’on finit par emprunter pour, sinon appartenir à un groupe, au moins s’appartenir et savoir qui l’on veut être. D’ailleurs l’adaptation de son livre en Bande Dessinée, qui vient de paraître chez Viviane Hamy, s’intitule bel et bien « S’Appartenir ». C’est le dessinateur Antoine Silvestri qui l’a réalisé.

Le reportage d'Elsa Daynac

Rencontre avec Salima Senini

D’origine algérienne,Salima Senini grandit au Val-Fourré à Mantes la Jolie

Elle essaie de se construire entre ses deux cultures – française et algérienne

Et quelque fois ça lui coute cher.

Avec les années, elle se libère,

Avec toujours dans en tête ces question :D’où viens-je ? Qui suis-je ? Où vais-je ?

Elle nous fait par de ses questionnements dans les rues de Toulon où elle habite aujourd’hui.

« Du côté de chez moi » de Salima Senini aux éditions Les Arènes

La programmation musicale:

Norah Jones :Flipside

Vaudou Game:la vie c'est bon

Patti Smith/Rock and Roll Niger

Les archives de l'INA et les extraits sonores:

François Mitterrand :"Nous sommes français, nos ancêtres les Gaulois.... un peu romains..... un peu germains... un peu juifs.... un peu italiens.... un peu espagnols, de plus en plus portugais, peut-être qui sait polonais, et je me demande si déjà nous ne sommes pas un peu arabes...."(En mai 1987 ,le Président de la République s'exprimait lors d'un colloque à la Sorbonne sur « La France et la pluralité des cultures » )

Nicolas Sarkozy : Nos ancêtres les Gaulois" - 19 septembre 2016

Annie Ernaux: Les livres qui l’ont aidée, notamment Les pensées de Pascal , La nausée -HORS-CHAMPS 06/10/2014

Hannah Arendt: ".... Réfléchir est une entreprise dangereuse , mais ne pas réfléchir est plus dangereux encore” 1973

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