Amos Oz est ce soir l'invité de l'Humeur Vagabonde pour "Entre amis", paru le 31 janvier 2013 chez Gallimard (traduit de l'hébreu par Sylvie Cohen)

"Entre amis"
"Entre amis" © Gallimard

Au kibboutz Yikhat, quelques années après la guerre de 1948 et la création de l’état d’Israël, l’idéal de vie des fondateurs s’est érodé. Les jeunes gens habités par la foi socialiste, qui vivaient sous la tente, labouraient et ensemençaient la terre aride de Palestine, qui pensaient créer une véritable communauté de pensées et de modes de vie, commencent à déchanter. Des réfugiés d’Europe les ont rejoints, qui traînent leurs cauchemars, des adolescents rêvent de découvrir le monde ou de partir étudier, les enfants ne s’habituent pas tous à la vie collective séparés de leurs parents. Et ceux qui ont besoin de solitude et d’espace à soi souffrent de la surveillance permanente de tous par tous.

Le dernier livre d’Amos Oz s’appelle « Entre amis », même si en hébreu le titre est « entre camarades ». Il vient de paraître aux éditions Gallimard dans une traduction de Sylvie Cohen. Il décline en huit nouvelles, avec cruauté et tendresse, les histoires de ces hommes et de ces femmes, habités par le doute, la jalousie, la peur et la volonté de puissance, exactement comme dans toute société humaine. Amos Oz se souvient ici de ses propres années de jeunesse, passées dans un kibboutz, pour mettre en pratique, pensait-il alors, son engagement socialiste et bâtir un pays nouveau. Soixante ans plus tard il écrit que les seuls rêves qui ne s’abiment pas sont ceux que l’on ne réalise pas.

Avec l'aimable contribution de Michel Zlotowski pour la traduction

Le reportage de Judith Soussan

Que devient un idéal avec le temps? Comment les fantasmes qu'a charrié l'aventure du kibboutz ont-ils traversé les années? Deux voix pour parler d'un drôle de rêve au passé: celle d'Hélène, qui a passé ses années de jeunesse dans plusieurs kibboutz, dans les années 1950; certains membres de sa famille se sont installés au kibboutz Dorot, tandis qu'elle a fini par le quitter et s'installer en France. Et puis celle d'Oren, son neveu, qui est né dans les années 1970 dans ce même kibboutz et qui y a grandi; il fait partie de la dernière génération de ceux qui ont passé toute leur vie d'enfant en maison collective.

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