pour Le bel appétit paru aux éditions POL

Paul Fournel - Le bel appétit
Paul Fournel - Le bel appétit © POL / Paul Fournel

Ça commence par « neuf bouillons de bœuf, un potage aux concombres glacés, une soupe aux moules », et ça se termine, une centaine de lignes plus bas, par « trente-six vodkas, quatre whisky, un café, une tisane, trois vichy » ! C’était en 1974 et Georges Perec avait dressé consciencieusement, et malicieusement, un inventaire des aliments liquides et solides ingurgités au cours de l’année. Mystère du charme et de la poésie qui se dégagent de ces listes que l’auteur de laVie Mode d’emploi et de Penser/Classer ne cessait de dresser pour lutter contre la disparition des lieux, des choses, des êtres aimés.

En 1967 Perec entre à l’Oulipo dont il va devenir l’une des figures totémiques. Jeux de mots, écriture contrainte, mystifications, poésies et ritournelles étrangement absurdes y sont pratiqués avec ferveur.

Une gourmandise des mots qui va de pair avec le plaisir des mets. Dîner mensuel institutionnalisé pour les oulipiens, et festins amicaux le plus souvent possible. Ce qui s’appelle, en fait, le savoir vivre….

Paul Fournel , de Saint Etienne, fit son mémoire de maîtrise sur Queneau. Inévitablement, il rejoignit sa petite famille de doux dingues en 1972 et, l’âge venant, en devint même le président.

Ecrivain, éditeur, poète, vélocipédiste, un temps diplomate culturel, pas mauvais aux fourneaux dit-on, amateur de bonne chère et de bons livres, il nous livre aujourd’hui un recueil de poèmes qui devrait vous accompagner joyeusement tout l’été.

Paru chez P.O.L. Le Bel Appétit est un exercice apparemment léger et foutraque –versifier sur les nourritures terrestres, recettes, repas, légumes et viandes, cuisine et cuisiniers- et en réalité très sérieux, Oulipo oblige, d’écriture dans des formes poétiques oubliées.

Connaissiez vous le rondel, le pantoum ou la terine, avec un seul r ? Moi non plus ! C’est succulent, gai, délicieusement français, joliment nostalgique, et en plus ça donne très faim.

Quelques liens

Archives de l'INA

Lecture d’un extrait de « Tentative d'inventaire des aliments liquides et solides que j'ai ingurgités au cours de l'année 1974 » d e Georges Perec ( et voix de Jacques Roubaud)

« De bouche à oreille » 29.03.1998 Renée Elkaim Bollinger- France culture

Marcel Benabou, membre de l' OuLiPo :La parenté entre la cuisine et la cuisine littéraire de l' OuLiPo

« De bouche à oreille » 29.03.1998 Renée Elkaim Bollinger -France culture

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Jacques Roubaud, membre de l' OuLiPo : Il lit les menus qu’il a créés pour des cantines

« De bouche à oreille » 29.03.1998 -Renée Elkaim Bollinger - France culture

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Jacques Roubaud: Le mot « salsifis »

« De bouche à oreille » 29.03.1998 -Renée Elkaim Bollinger- France culture

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Raymond Buren (auteur notamment de « Le cochon : Histoire, symbolique et cuisine » et « Le boudin : récits et recettes de la cuisine du sang » ) : Le gras c’est l’âme de la viande

" De bouche à oreille" 08/03/1998 -Renée Elkaim Bollinger- France culture

François Landrieu: ancien abatteur ,« citoyen des Halles » et auteur d'ouvrages sur la viande :

La cérémonie du désossage de la tête de veau

" De bouche à oreille 15/04/2007 - Renée Elkaim Bollinger- France culture

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Gilles Verrot , charcutier ,évoque la recette du fromage de tête

" De bouche à oreille" 29/04/2001- Renée Elkaim Bollinger- France culture

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Le reportage d'Elsa Daynac

Le bel appétit se déguste, se salive, On mange les mots, Et alors, Nos ventres se mettent à gargouiller,Et alors, il faut poser les poèmes dans les assiettes et manger veau, boudin, bonne poire, ratatouille, tambouille et tutti quanti. Passons donc en cuisine, Et retrouvons la bouche de Gérard Allemandou dans son restaurant La Cagouille, dans le 14ème arrondissement de Paris. Gérard Allemandou est aussi président de l’association Bibliothèques gourmandes - Une association qui s’intéresse aux liens entre la littérature et l’art culinaire. Allons donc en sa compagnie croquer, déguster, mastiquer, sucer, et mordre les rimes riches, cochonnes, légumières, ou grasses de Paul Fournel.

Restaurant La Cagouille: 10, place Constantin Brancusi Dans le 14ème arrondissement de Paris

La programmation musicale

*Bobby Lapointe : "La maman des poissons"

*Claire Diterzi ": "69 battements par minutes"

*St Germain : "Real blues"

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