Aux alentours de 2015, un phénomène inexpliqué s’empare de la société et affole le pouvoir : des milliers de personnes décident de disparaître sans laisser d'adresse…

Jérôme Leroy
Jérôme Leroy © Getty / Eric Fougere

S’effacer, comme passe une couleur…

Une tentation, qui n’a rien à voir avec celle de Venise, simple posture velléitaire, et que l’on sent monter en soi lorsque trop de désillusions ont fini par tarir l’espoir en des lendemains meilleurs.

Lorsque le spectacle de l’indigence politique, de l’arrogance du fric, de l’insouciance criminelle des heureux du monde, de la dévastation de la planète, vous empêche, un beau matin, de trouver votre souffle.

Alors oui, partir sans un mot, s’esquiver en douce, et trouver pour terminer sa route un coin de verdure, une trouée sur la mer, une île et quelques olives. Besoin de calme, de beauté, de douceur, d’amitiés et du simple goût des choses de la vie. Quelques uns, ici ou là, le font déjà. Mais imaginez ce que produirait une vague de fond qui verrait un ministre, un banquier, des dépositaires de secrets d’état, s’en aller jouer les filles de l’air….

Bon, pour l’instant, c’est vrai qu’on a du mal à y croire pour ceux-là. On les imaginerait plus volontiers se réveiller un jour sans personne à diriger, abandonnés par le peuple qu’ils ont eux-mêmes déjà abandonné.

Une utopie malheureuse

Cela s’appelle une dystopie, comme le 1984 d’Orwell, et c’est en gros une utopie malheureuse. Jérôme Leroy a voulu combiner les deux dans son dernier et attachant roman Un peu tard dans la saison paru aux éditions de La Table Ronde.

Des hommes et des femmes disparaissent en France et les services secrets sont à leur trousse pour les éliminer. Un récit mélancolique et cruel situé en deux temps, avant et après une catastrophe appelée l’Eclipse qui a éradiqué tous les marqueurs de la modernité. Après le chaos, pour les survivants, est venu le temps de la douceur.

Comme d'habitude dans les romans de Jérôme Leroy, on s’attarde sur l’amour de la littérature, le partage des mets et des vins, le parfum des villes de province et la beauté du monde. Mais derrière le roman flâneur, se dessine le portrait d’une société arrivée à son point d’implosion.

Jérôme Leroy, qui a également signé le scénario de Chez Nous,dernier film de Lucas Belvaux, est aujourd’hui l’invité de l’Humeur Vagabonde.

Le reportage d'Elsa Daynac

Fred et David ont quitté leur routine : l’un son CDI en banlieue parisienne, l’autre sa routine d’homme d’affaire entre Londres et Paris. Tous les deux, sans se connaître, ont quitté leur vie avec leurs compagnes pour aller s’installer à la campagne, dans le Lot près de Figeac.

Ça fait 15 ans que David y habite, 5 ans que Fred et sa famille s’y sont installés. Ils sont des éclipsés. Et nous racontent le pourquoi, le comment.

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Gébé (La partie continue - France Inter - 15/11/1999)

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