Étrange pièce que cet "Ennemi du Peuple", corrosive dénonciation des faux-semblants de la société, mais traitée en comédie dans laquelle presqu’aucun personnage n’échappe au ridicule ou à l’abjection. Écrite par "L'homme le plus en colère d’Europe" selon son compatriote Strindberg.

Image du spectacle
Image du spectacle © Jean-Louis Fernandez

En 1883, en Norvège, la pollution de l’eau, la course au profit au détriment de l’intérêt général, la corruption des élites étaient déjà des questions dont le théâtre s’emparait. En 1883, Henrik Ibsen, installé à l’étranger, est un dramaturge reconnu. Derrière lui ses années noires où l’alcool, ses dettes et l’échec de ses premières pièces l’avaient poussé à l’exil. Depuis, il a à la fois connu le succès et suscité le scandale, comme avec Maison de poupée ou Les Revenants

Dynamiteur de la morale petite bourgeoise et de l’hypocrisie puritaine, Ibsen va encore plus loin avec Un ennemi du Peuple où son anti héros, le bon Dr Stockmann, d’abord aimable lanceur d’alerte, finit par vomir sur la démocratie, triomphe des médiocres.

Jean-François Sivadier a, pour la mettre en scène, reconstitué sa troupe de comédiens fétiches dans laquelle Nicolas Bouchaud, en Dr Stockmann, se retrouve face à Vincent Guédon, son frère ennemi, préfet et maire de la ville, reformant un duo qui rappelle ceux qu’ils ont déjà expérimentés dans Le Misanthrope, Don Juan ou La vie de Galilée. Leurs échanges y résonnent évidemment fortement avec nos actuels débats.

► Un ennemi du Peuple est à l’Odéon -Théâtre de l’Europe jusqu’au 15 juin, puis en tournée en France jusqu’en février 2020.

La programmation musicale : Raphael Gualazzi & Gilles Peterson - Reality And Fantasy

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