Dans son nouveau roman «Comme l’ombre qui s’en va », l'écrivain espagnol Antonio Munoz Molina mêle le parcours de James Earl Ray, l'assassin de Martin Luther King au sien

Antonio Muñoz Molina
Antonio Muñoz Molina © Getty

Le 4 avril 1968, Martin Luther King, prix Nobel de la paix et charismatique leader du mouvement des droits civiques, est assassiné à Memphis, dans le Tennessee.

Celui qui a tiré la balle de fusil, James Earl Ray, est un petit homme blanc, âgé de 40 ans, qui a fait de nombreux séjours en prison, obsédé par les noirs et les juifs, grand lecteur de romans d’espionnage et de traités de psychologie de supermarchés. Réussissant à quitter les États-Unis avec un faux passeport, Ray va passer par le Canada et l’Angleterre, avant de séjourner dix jours à Lisbonne, où il tentera en vain de se faire enrôler comme mercenaire pour aller combattre en Angola. Dix jours sur lesquels des journalistes sont allés enquêter, tentant de retrouver des témoins, sans parvenir à comprendre pourquoi ce criminel, recherché par toutes les polices occidentales, avait choisi cette ville où il ne connaissait personne et un pays dont il ne parlait pas la langue.

En 2013, l’écrivain espagnol Antonio Munoz Molina est à Lisbonne, un lieu qui lui tient à cœur car c’est là qu’il avait finalisé l’intrigue du roman qui, en 1990, l’a fait accéder à la notoriété. Il y est revenu pour écrire, à la manière de Simenon, l’un de ses auteurs de prédilection, l’histoire d’un type seul dans une ville inconnue. C’est là qu’il découvre que James Earl Ray a séjourné au bout de la rue où il s’est installé. Happé par ce trou noir dans la vie d’un assassin, Munoz Molina va tout lire, tout apprendre sur lui. Et commencer dans la fièvre un autre livre dans lequel il va mêler le parcours étrange et chaotique de l’homme en fuite au sien propre, lorsque, durant l’hiver de 1987, il s’était rendu seul à Lisbonne, abandonnant à Madrid sa femme et son jeune enfant, pour tenter de devenir l’écrivain que, jeune arrogant, il se vantait déjà d’être.

Comme l’ombre qui s’en va», traduit par Philippe Bataillon, qui vient de paraître au Seuil, est un récit hypnotique, plein de rage, de honte et d’un vide étrange dans lequel vient se lover l’imagination.

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