Jean-Claude Carrière est ce soir l'invité de l'Humeur Vagabonde pour le film "Syngué sabour, pierre de patience", en salles à compter du 20 février 2013.

"Syngué sabour. Pierre de patience"
"Syngué sabour. Pierre de patience" © Le Pacte

Des femmes, veuves de guerre, réduites à la mendicité ou obligées de se prostituer pour nourrir leurs enfants, acceptent de dire ce qu’est leur vie parce que c’est une femme qui leur tend un micro. Elles n’auraient pas le droit de répondre à un homme. Nous sommes à Kaboul, en 2000. Mais qu’importe la date, cela fait 25 ans que l’Afghanistan est en guerre, et, pour les femmes, depuis toujours, pour la plupart d’entre elles, leur vie n’a jamais eu d’autre utilité que servir leur famille, puis leur mari, et élever des enfants . Elles doivent demeurer sans voix et sans visage, sans corps et sans désirs, sans existence autonome, sans histoire personnelle. La poésie les chante, mais la société les écrase. Et sans un homme à leurs côtés, qui a sur elles droit de vie et de mort, elles ne sont rien.

Mais les rêves ne s’emprisonnent pas aisément. En 2008, l’écrivain Atiq Rahimi, réfugié en France depuis 1984, a reçu le prix Goncourt pour son livre « Syngué Sabour » dans lequel il donnait la parole à une femme. Obligée de demeurer aux côtés de son mari, plongé dans le coma, alors que les combats font rage dans sa ville, celle-ci se met soudain à lui parler comme elle n’aurait jamais eu la possibilité de le faire s’il était demeuré conscient. Et, peu à peu, elle va retrouver sa voix et oser dire ce que fut réellement sa vie aux côtés d’un homme qui ne l’a jamais considérée autrement que comme un morceau de viande. Ce livre est devenu un film, qui sort demain en salles, avec la merveilleuse Golshifteh Farahani.

Le synopsis du film

Au pied des montagnes de Kaboul, un héros de guerre gît dans le coma ; sa jeune femme à son chevet prie pour le ramener à la vie. La guerre fratricide déchire la ville ; les combattants sont à leur porte. La femme doit fuir avec ses deux enfants, abandonner son mari et se réfugier à l'autre bout de la ville, dans une maison close tenue par sa tante. De retour auprès de son époux, elle est forcée à l'amour par un jeune combattant. Contre toute attente, elle se révèle, prend conscience de son corps, libère sa parole pour confier à son mari ses souvenirs, ses désirs les plus intimes... Jusqu'à ses secrets inavouables. L'homme gisant devient alors, malgré lui, sa "syngué sabour", sa pierre de patience - cette pierre magique que l'on pose devant soi pour lui souffler tous ses secrets, ses malheurs, ses souffrances... Jusqu'à ce qu'elle éclate !

Le reportage de Gladys Marivat

"Aftaab" veut dire "soleil" en dari, le persan afghan, et ce nom rend hommage au lien très fort qui unit cette troupe de comédiens afghans au Théâtre du Soleil. Tout a commencé en 2005 à l'occasion d'un stage organisé par le théâtre d'Ariane Mnouchkine, à Kaboul. Le premier jour, 120 volontaires se bousculent dans le théâtre en ruine. 17 seront retenus. D'autres les rejoindront. Le théâtre Aftaab était né. En France et partout dans le monde, cette troupe de voyage s'est approprié les grands classiques, Shakespeare, Molière, Brecht, en tenues traditionnelles et dans leur langue. Depuis trois ans, les comédiens d'Aftaab jouent également des créations collectives, mises en scène par Hélène Cinque, "Ce jour-là" en 2009 et "La Ronde de nuit", en mars prochain. La "Ronde de nuit" raconte comment, le temps d'une nuit, un théâtre en ruine et son gardien vont devenir le refuge et l'hôte d'hommes et de femmes venus d'Afghanistan. Des femmes, il y en a deux dans la troupe, Shura et Wajhma. Comment peut-on être actrice en Afghanistan ? Que ressentent-elles quand elles montent sur une scène à Kaboul ? Et ailleurs, dans le monde ? J'ai eu la chance de rencontrer Wajhma. Avec Sabour, Hélène Cinque et Liliana Andreone, chargée des relations publiques, elle m'a accueilli dans ce si beau refuge qu'est La Cartoucherie de Vincennes, près de Paris... là où se tiendra dans quelques semaines la première de "La Ronde de nuit".

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Syngué Sabour

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