En 1932, il y a dix ans que Benito Mussolini dirige l’Italie. Les chemises noires ont vaincu leurs frères ennemis les rouges, ces socialistes radicaux dont faisaient partie les dirigeants fascistes jusqu’au lendemain de la Grande guerre. Le Duce a entrepris d’assécher les Marais Pontins, au Sud de Rome, et de mettre les terres en culture grâce à un programme de bonification payé par l’Etat et avec l’implantation de 30 000 paysans sans terre venus des régions pauvres du Nord. En 7 ans, un canal de31 kmsera creusé, des arbres plantés, les sols cultivés et trois villes fondées :Littoria, Aprilia et Pomezia. Les grands propriétaires terriens seront poussés à céder une partie de leurs terres.

Sur cette trame historique ressemblant à la version italienne de la conquête de l’ouest américain, avec coups de fusil, incendies, autochtones mécontents et colons intrépides, Antonio Pennachi nous raconte l’histoire picaresque de sa famille, des métayers en lutte contre leur propriétaire, partie en 1932 des environs de Ferrare pour trouver une vie meilleure dans l’Agro Pontino : autour du patriarche et de sa femme, 17 frères et sœurs, durs et chaleureux, solidaires et extravagants, entrés dans les rangs fascistes par des amitiés forgées en prison. « Canal Mussolini » traduit par Nathalie Bauer, publié chez Liana Levi, est un livre formidablement écrit, plein de force, de gaieté, de gravité, qui nous propose un autre point de vue sur une histoire que nous croyons connaître.

Interprète : Antonella Vignoli.

Le reportage de Baptiste Etchégarray :

Jean-Pierre Levaray est ouvrier depuis bientôt 40 ans à Rouen, à la Grande Paroisse, sœur jumelle de l’usine AZF qui a explosé à Toulouse en 2001. Il fabrique de l’ammoniac, manipule des produits dangereux et comme ses collègues il vit avec l’angoisse qu’un jour la Grande Paroisse subisse le même sort qu’AZF... Heureusement il a trouvé une échappatoire : l’écriture. Il y a dix ans, il a senti le besoin de jeter sur papier son quotidien à l’usine, les tâches répétées sans cesse, la lassitude, les doutes, la fatigue, les plans sociaux. « Putain d’usine » a été publié en 2002, aux éditions de l’Insomniaque. Ca n’a pas empêché les patrons de dormir, mais tout de même, c’est devenu un petit phénomène d’édition dans le milieu ouvrier et Jean-Pierre Levaray, l’anar, le libertaire, est devenu une sorte de porte-parole des ouvriers. Il publie un livre par an, des récits, des romans.. Son dernier est un polar au titre sans équivoque : "Tue ton patron" (Editions Libertalia)

La programmation musicale :

- Caravan Palace, 12 juin 3049

- Katyna Raniery, Bof Amarcord Nino Rota

- Claire Denamur, Rien de toi

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