Michel Politzer est ce soir l'invité de l'Humeur Vagabonde pour « Les trois morts de Georges Politzer », paru le 3 avril 2013 chez Flammarion

"Les trois morts de Georges Politzer"
"Les trois morts de Georges Politzer" © Flammarion

En 1946, le professeur Paul Langevin, grand physicien, spécialiste du magnétisme, sort de la guerre très éprouvé. Incarcéré en 1940 par les Allemands, cet antifasciste de toujours se retrouve assigné à résidence. Sa fille Hélène, entrée dans la clandestinité, sera déportée à Auschwitz, avec ses amies Maï Politzer, Danielle Casanova et Marie Claude Vaillant-Couturier, tandis que son mari, Jacques Solomon, tombera le 23 mai 1942 au Mont Valérien avec ses camarades communistes le littéraire Jacques Decour et le philosophe Georges Politzer. Paul Langevin, qui n’a plus que quelques mois à vivre, célèbre les professeurs résistants fusillés par les Allemands. Tous communistes ou compagnons de route du parti des 75000 fusillés, alors en pleine édification de sa glorieuse historiographie.

Dans les hommages fervents qui se déroulent en ces années d’après guerre, les enfants des martyrs sont volontiers envoyés à la tribune, évoqués dans des discours émouvants rédigés pour eux, le sacrifice de leurs parents pour la France, Staline et la patrie des travailleurs. Un jeune garçon à la tignasse rousse se plie à l’exercice, il n’a pas treize ans, il a perdu son père et sa mère.Michel Politzer, fils de Georges et Maï, a du mal à respirer dans cette ombre colossale qui éteint sa jeunesse. Il devra apprendre à s’esquiver doucement pour trouver sa voix propre. Devenu illustrateur et peintre, c’est en homme fait qu’il pourra se réapproprier des souvenirs effacés par la saga officielle et découvrir l’homme et la femme de chair et de sang derrière l’imagerie pieuse. De cette découverte il a fait un livre, tout d’intelligence et de lucide tendresse, « les trois morts de Georges Politzer » paru chez Flammarion.

Le résumé du livre

Peintre et illustrateur pour la jeunesse, l'auteur retrace le parcours intellectuel et politique de son père le philosophe Georges Politzer, fusillé au Mont-Valérien en 1942, ainsi que de sa mère Maï Politzer, morte en déportation à Auschwitz.

La 4ème de couverture

Dès l'âge de neuf ans, après la mort de ses parents Georges et Maï Politzer, Michel Politzer a vu s'effacer la mémoire de son enfance. Qui furent ses parents ? Comment György, ce lycéen révolté qui participe à 16 ans le fusil à la main à la révolution des Conseils hongrois de 1919, devient-il Georges, un brillant agrégé de philosophie propulsé au centre de la vie intellectuelle parisienne ? Comment cet admirateur de Descartes rencontre-t-il ensuite sa future épouse, Maï, qui vénère Pascal, dans un train du pays basque ? Quelle fut la vie de ces deux militants communistes et résistants, dévorée par l'étude, l'action et la rédaction d'une oeuvre philosophique singulière ? Une vie qui valut à Georges de tomber sous les balles nazies en 1942, et à Maï de ne jamais revenir du camp d'Auschwitz.

Grâce à quelques photos et à de rares témoignages qui lui ont permis de retrouver une partie de sa famille restée dans l'ombre, après un voyage dans la Hongrie natale de Georges, Michel Politzer recompose le portrait de ses parents, héros d'une génération d'intellectuels engagés . Son récit des origines est le fruit d'une bouleversante enquête.

Le reportage de Léa Minod

Les descriptions géographiques et les photos apparaissent comme autant delieux de mémoires sur lesquels s’appuie Michel Politzer pour reconstruire l’histoire de ses parents.

Léa Minod s’est promenée, un micro en main, dans le quartier d’enfance de Michel Politzer, jusqu’à la porte de l’appartement qu’il habitait rue Jules Lemaître.

En parallèle, un couple invente l’histoire George et Mai Politzer, en s'arrêtant sur les photos qui parsèment le récit du fils.

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