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Pour « Moi tout craché » éditions de l’Olivier La voix –très rare- de Raymond Carver, sans doute l’un des meilleurs écrivains américains des années 70 et 80, surtout connu pour ses nouvelles, est la seule capable de faire monter les larmes aux yeux de Jay McInerney. Lui, le mauvais garçon, fêtard, porté plus que de raison sur l’alcool, les drogues, les belles dames, devenu une star de l’édition à 29 ans avec le succès phénoménal de son premier livre « Bright Lights, Big City », ne peut parler de celui qui fut son mentor et lui apprit à écrire sans redevenir un petit garçon épaté par son héros. Et aujourd’hui, alors que McInerney s’est racheté une conduite, sans rien perdre de son talent, c’est la seule question qu’il se pose au moment de rendre sa copie à son éditeur : « qu’en aurait pensé Ray ? » Nul doute que Carver, disparu depuis vingt ans, mais dont les livres demeurent aussi proches de nous que s’il venait de les écrire, aurait été satisfait de son meilleur élève. « Moi tout craché », qui vient de paraître aux éditions de l’Olivier est un recueil de seize nouvelles écrites entre 1982 et 2008, sorte d’autobiographie à peine déguisée, qui retrace à la fois les aventures parfois burlesques, souvent grinçantes de l’auteur dans une Amérique qui passe, durant ces années-là, de la folie du fric facile au désenchantement post-11 septembre. « J’ai voulu écrire le portrait moral de ma génération » disait Flaubert à propos de l’Education Sentimentale. Jay McInerney pourrait en dire autant en se retournant sur ses 25 années d’écriture. De passage à Paris il y a quelques semaines, il est venu nous parler de son dernier livre en compagnie de l’écrivain Agnès Desarthe, qui est sa traductrice en France.

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