pour son roman Amour sur le rivage, traduit de l'hébreu par Laurent Cohen et publié chez Sabine Wespieser

Michal Govrin - Amour sur le rivage chez Sabine Wespieser
Michal Govrin - Amour sur le rivage chez Sabine Wespieser © Sabine Wespieser

Dix ans après la fin de la guerre et la proclamation de l’Etat d’Israël, plus grand monde ne se souvient que la nouvelle ville d’Ashkelon, peuplée d’immigrants rescapés de la Shoah et de familles juives venus du Moyen Orient, s’appelait alors Al Majdal, l’une des cités les plus peuplées de Palestine. Asher, lui, s’en souvient. Avant d’ouvrir un bar dancing sur la plage, il a participé aux combats en 1948 et à l’évacuation forcée des habitants arabes. Ses nuits, parfois, sont agitées de cauchemars. Comme celles des parents d’Esther, deux survivants qui, après avoir perdu leur famille, se sont unis dans un camp de transit pour émigrer vers leur nouvelle patrie. Esther, elle, sent monter en ce dernier été de sa vie d’adolescente sage et pieuse, des envies de rire, d’aimer, d’être regardée, d’avoir des secrets. Deux hommes vont croiser sa route au bar de la plage : Moïse, le transfuge, qui a changé de nom pour faire carrière à Paris, de passage pour l’enterrement de sa mère, et Alex , qui a fui la dictature argentine et la pesante atmosphère familiale.

Amour sur le rivage , de Michal Govrin , qui vient de paraître chez Sabine Wespieser dans une traduction de Laurent Cohen est évidemment, comme son titre l’indique, une histoire d’amour, magnifique en l’occurrence. Mais sous le récit incandescent d’une rivalité amoureuse entre deux hommes et une jeune fille, durant un été brûlant, sur la plage d’Ashkelon, Michal Govrin dépeint avec subtilité les rêves des pionniers et leur innocence perdue, la mémoire douloureuse partagée par tous les protagonistes, les fils qui les relient à travers le temps et les pays d’où ils viennent, ainsi que la présence obsédante des absents, morts sans sépulture d’Europe et habitants arabes de cette terre, déplacés vers un ailleurs devenu lourd de menaces.

Romancière, poète, enseignante et directrice de théâtre à Jérusalem, Michal Govrin est, ce soir, l’invitée del’Humeur Vagabonde.

Le reportage de Lucie Akoun

Rifaat Turk - Lucie Akoun
Rifaat Turk - Lucie Akoun ©

C’était en août, une journée ensoleillée comme il en existe tant à Tel-Aviv. Ce jour là, Gaylord Van Wymeersch et moi avions rendez-vous avec Rifaat Turk - le premier joueur arabe israélien a avoir été sélectionné dans l’équipe nationale israélienne de football dans les années 70.

Une carrure à la Mohamed Ali, Rifaat Turk n’a jamais quitté Jaffa, Yaffo pour les juifs, Yaffa pour les arabes, le port de Tel-Aviv.

Michel Warschawski assurait la traduction.

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