Leo Pontecorvo est un professeur de médecine respecté. Cancérologue pédiatrique, il s’occupe avec compétence et dévouement de ses petits patients. Issu de la grande bourgeoisie juive romaine, il a une belle maison, deux fils qui l’idolâtrent et une femme qui, exactement comme le faisait sa mère autrefois, lui évite tous les soucis matériels. Mais, un soir, en regardant la télévision, il découvre que la petite amie de son fils, âgée de douze ans, l’accuse d’agression sexuelle. Sans dire un mot pour se justifier, sans réfléchir à une stratégie de défense, Leo Pontecorvo se lève et va se réfugier au sous sol de sa maison. Il se sait innocent, et pourtant il se sent coupable.

Allesandro Pipperno
Allesandro Pipperno © Editions Métailié

En 2006, avec « les pires intentions », son premier roman traduit en français chez Liana Levi, Alessandro Piperno avait ravi ses lecteurs et intrigué la critique par sa maîtrise d’une écriture très proustienne appliquée à un récit très politiquement incorrect, critique féroce de la haute bourgeoisie juive romaine, à laquelle il appartient lui-même. Professeur de littérature française à l’université, spécialiste de Proust, hypocondriaque à l’ironie décapante, Piperno publie un autre roman dérangeant et acide, « Persécution » traduit de l’italien par Fanchita Gonzalez Batlle. Tous les personnages y sont lâches, méchants ou pervers, y compris les enfants, la famille y est un lieu clos pathologique et le couple le terrain privilégié de la lutte de classes. Follement drôle, à la manière du cinéma des Frères Cohen, et angoissant comme un conte de Kafka. Alessandro Piperno est, ce soir, l’invité de l’Humeur Vagabonde, ses propos seront interprétés par Antonella Vignoli.

Le reportage de Julien Cernobori :

Il y a Marthe Villalonga, il y a aussi Mme Sarfaty et puis la mère de Woody Allen dont le visage envahit le ciel de New York et qui suit les moindres faits et gestes de son fils. La mère juive est un personnage récurrent dans les histoires drôles, on dit souvent que les enfants qu’elle engendre passent leur vie chez le psychanalyste, mais qui est-elle vraiment et puis surtout comment faire pour la neutraliser, pour se sortir de ses griffes ? Sans compter qu’il y a aussi des mères juives qui ne sont pas juives, bref la mère juive c’est un sujet très compliqué.Avec les points de vue de Karine, fille de mère juive et mère juive elle-même, d’un fils, Jean-Pierre Benzekri, et du psychanalyste Roger Dadoun.

La programmation musicale :

- Captain Kid, We and I

- Jovanotti/Ben Harper, Fango

- Naïf, Goûte-moi

Morceaux Instrumentaux :

- Concerto pour accordéon et orchestre, Jean Wiener

- Le clown perdu, de Richard Galliano

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