Pour « Dans les forêts de Sibérie » aux Gallimard

Il y a, chez les hommes, des crises de la quarantaine plus sympathiques et, surtout, plus originales que d’autres. Changer de femme, d’appartement, de Rolex, commencer à trouver que la droite est tout de même plus responsable que la gauche, se mettre à manger des légumes provenant exclusivement de son potager et remplacer la psychanalyse par des retraites spirituelles, rien que du banal désormais dans les villes. Mais se mettre en retrait de cette société asphyxiante, réduire ses besoins à l’extrême nécessité, cesser de fuir pour regarder en face le passage des heures, des jours et des saisons au bord d’un lac immense et désertique au fond des forêts sibériennes, seul, quasiment sans lien avec le reste du monde, voilà un défi personnel qui a plutôt belle allure. Surtout si un superbe livre en résulte.

sylvain tesson
sylvain tesson © Radio France

Sylvain Tesson écrit aussi vite qu’il parcourt la planète, affronte les cimes, sillonne les steppes. Ecrivain-voyageur dit-on de lui. C’est un genre qui a ses adeptes, et il a démontré maintes fois son talent en la matière. Mais cette fois-ci le livre qu’il a ramené de ses six mois de vie dans une cabane au bord du lac Baïkal, de février à juillet 2010, est autre, radicalement autre. Journal d’une solitude volontaire, d’une immobilité vécue comme un décapage de l’âme, une exploration intime de l’être. Si l’on met à part son goût potache pour ce qu’il nomme lui-même « les aphorismes de sous-préfecture », « Dans les forêts de Sibérie » tout juste paru chez Gallimard, pourrait bien devenir pour vous un livre de chevet, un réconfort des jours de cafard, un bon compagnon pour accompagner une vie parmi les humains, et une aide pour s’en éloigner parfois.

reportage de Caroline Gillet

« Arctic perspective initiative », est un collectif d’artistes qui se pose cette question :

Quelle est la meilleure manière d’aider les populations des territoires Artiques à affirmer leur autonomie, à revendiquer leur place sur la carte.

Leur projet est à la croisée entre la création artistique et le travail d’aide aux minorités. Ils cherchent des moyens de mettre en lien ceux qui se partagent l’Arctique. Ceux qui habitent au nord de la Sibérie, ou au nord du Canada. Ils enregistrent leurs témoignages, et ils rassemblent et exposent leurs dessins, leurs gravures… pour diffuser leur manière de comprendre le territoire.

Leur travail est exposé à la 11e biennale de Lyon. Rencontre avec Marko Peljhan et Matthew Biederman, les initiateurs du projet.

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